Mars, un voyage sans retour

Publié par Manon Herranz, le 10 décembre 2019   1.1k

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Partir vivre sur Mars, c’est la nouvelle lubie de mon filleul. Mais ce qui est dingue la dedans c’est qu'apparemment il n’y a pas que les petits garçons de 5 ans fan d’astronomie qui rêvent de coloniser Mars. En effet Elon Musk, le patron de la société SpaceX, entre autre, a décidé de fonder une nouvelle civilisation, “avant qu’une calamité ne nous balaie de la surface de la Terre”. Bizarrement,  dis comme ça, ça me fait moins rêver, et puis c’est bien beau de vouloir jouer à “Déco: une semaine pour tout changer” sur la planète rouge mais concrètement est ce que c’est possible d’aller y vivre ? 

J’ai donc mené ma petite enquête et j’ai appris qu’avant même de déposer des hommes sur la Lune, en 1969, la Nasa a commencé l’exploration de Mars avec des sondes robotisées. Depuis tout le monde semble d’accord : si l’humanité aborde une nouvelle grande destination dans l’espace, ce sera Mars. Mais reste encore à étudier la faisabilité de l’entreprise.

En effet, il faut non seulement concevoir des fusées et vaisseaux pour Mars, mais il faut en plus étudier la prise en charge des passagers. De nos jours, 2 astronautes, Kelly et Kornienko, ont déjà servis de cobayes pour des recherches sur les effets des longs séjours spatiaux sur l’organisme et sur l’esprits humains. Ils sont resté 340 jours à bord de l’ISS et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on était loin des vacances avec le confort aux millions d’étoiles. On a découvert qu'une année passée en apesanteur affaibli la capacité pulmonaire et les muscles thoraciques. Les deux astronautes ne pouvaient quasiment pas marcher à leurs retour sur Terre et l’équipe au sol a dû les porter hors de la capsule, de peur qu’ils ne trébuchent et se brisent les os. Cela s’explique par le fait que la masse osseuse diminue d’environ 1 % par mois en moyenne en apesanteur. Mais ce n’est pas tout, le deuxième gros risques c’est que les liquides s’amassent dans le cerveau et fassent pression sur les globes oculaires ce qui peut considérablement faire diminuer la vue. Le voyage Terre/Mars pourrait durer près d’un an et demi alors pour l’instant on est plus sur une arrivé digne d’un film d’horreur avec des jambes cassées et des aveugles que dans un film Hollywoodien où l’apesanteur est rigolote. 

Les scientifiques ont fait le tour de la partie matérielle pour ce voyage mais ils commencent à peine à prendre en compte le facteur humain, et on va pas se mentir, pour coloniser Mars il nous faut avant tout des individus conscients et responsables. Hors, la psychologie humaine est une des choses les plus complexes à prendre en compte.

La planète Rouge a besoin d’un certain type de personnalité. Les individus envoyés devront être capable de supporter l’isolement et l’ennui durant le voyage, puis de s’activer une fois déposé sur Mars puisque la civilisation ne va pas se monter toute seule. Pour évaluer ces problèmes la Nasa mène des expériences sur Terre. En effet, quatre volontaires ont participé à une expérience en restant enfermés dans une structure hermétique, physiquement coupés du monde pendant un mois. Pendant ce temps des chercheurs scrutent les moindres comportements sur les plans individuel et collectif.  Mais aucune expérience ne peut réellement simuler le sentiment d’enfermement dans une boîte à des millions de kilomètres de chez nous. 

Certains diront qu’il faut bien partir de quelques part et qu’il faut rêver avant que les choses puissent devenir réelles…Mais l'humanité est encore loin de quitter son berceau… Alors moi, j’ai répondu à mon filleul que mon grand rêve c’est qu’un jour on soit tous d’accord pour préserver la santé de NOTRE planète.

Herranz Manon