Notre rapport au temps - Echosciences chez RCF Isère

Publié par Echosciences Grenoble, le 20 décembre 2021   290

Depuis septembre 2019, RCF Isère offre du temps d'antenne à Echosciences Grenoble, tous les jeudis à 12h05, dans "l'Echo des médias" des "Midis RCF" présenté par Nicolas Boutry.  L'occasion de vous parler des derniers contenus intéressants partagés par les membres d'Echosciences. Retrouvez toutes les chroniques dans ce dossier ou sur le site de RCF-Isère !

La chronique du 16 décembre 2021, par Agathe Julliard, en son et en texte ci-dessous :

Sur RCF Isère, c’est l’heure de retrouver l'Écho des médias. Aujourd’hui, nous retrouvons Agathe Julliard, chargée des partenariats et des relations aux entreprises à La Casemate. Vous allez nous présenter les dernières nouvelles d’Echosciences Grenoble. Bonjour Agathe !

Bonjour Nicolas !

Dites donc, ce ne serait pas la dernière chronique de 2021 ?

Hé oui… c’est fou ça ! Moi j’ai l’impression que l’année est passée super vite, pas vous ?

Mmh - oui et non. Le début de l’année et les confinements étaient plutôt lents, l’été rapide, et puis je trouve à nouveau les journées longues depuis quelques semaines. Ah! je l’ai, vous allez me parler du temps, c’est ça ?

Bien vu Nicolas ! Aujourd’hui on va passer quelques minutes à croiser philosophie, physique et mythologie pour essayer de définir le concept de temps [lire l'article de Jean-Claude Serres "Prisonniers du temps ?"].

Parce que... Qu’est ce que c’est, en fait ? On trouve du temps pour nos passe-temps, on perd du temps dans les bouchons ; on commente les temps qui courent alors qu’on court après le temps ! On temporise les discussions - et en deux temps, trois mouvements on enregistre une chronique.

Bref vous m'avez comprise : depuis la nuit des temps on le côtoie tous les jours … mais quand on nous demande de le décrire, on est sans certitude.

Mais dites moi, si c’est si flou, comment les scientifiques arrivent à en parler ?

Alors, pour le philosophe déjà, la notion de temps peut prendre deux réalités :

  • la première est que le temps est une construction mentale : on ressent le temps qui passe parce qu’on avance nous mêmes dans une succession d’instants vécus
  • et la seconde est de considérer le temps comme une réalité subjective indépendante de la conscience humaine.

Pour faire simple, soit le temps s’écoule avec nous , soit il s’écoule sans nous.

Pour le physicien et le mathématicien, le temps est un référentiel immobile et surtout irréversible ; c’est la fameuse flèche du temps qui voit se succéder les événements du passé vers le futur… parce qu’avant de poser le toit de la maison, on doit avoir construit les murs.

On notera quand même qu’à l’inverse, dans le monde de l’infiniment petit et du quantique, cette flèche du temps irait plutôt du futur vers le passé….

Wow, ça en fait des tentatives de définitions pour un mot qu’on utilise comme une évidence… Et vous Agathe, quelle histoire vous préférer raconter pour définir le temps ?

Moi je ne suis pas une scientifique, j’aime les métaphores et la poésie… du coup, j’aime bien la mythologie grecque. Et les grecs, ils avaient trois dieux pour conceptualiser le temps.

Le premier, c’est Chronos, c’est le temps physique qu’on mesure et qui nous permet de nous repérer. Le deuxième, c’est Aion, le temps des cycles et des étapes de la vie : les saisons, les générations, les siècles…. Et puis le 3e, c’est Kairos. C’est le temps métaphysique de l’opportunité - l’instant infime qu’on saisit parce que avant c’était trop tôt, et après c’est trop tard. J’aime bien Kairos, qui encourage à se ménager des moments de vide pour que l’extraordinaire puisse survenir - et être saisi. C’est un temps instinctif et libéré du stress de l’attente et des remords.

Si je devais résumer toutes ces approches, je dirais que finalement chacun choisit sa manière d’appréhender le temps selon sa sensibilité et son besoin de cadre ?

Voilà ! Que le temps soit une 4è dimension ou une spiritualité, une flèche ou un mythe, un petit (t) dans une fonction affine ou des grains dans un sablier, il nous appartient. Et maintenant je vais vous rendre le vôtre Nicolas, en vous souhaitant de très joyeuses fêtes ! A bientôt !

Merci Agathe, joyeuses fêtes à vous aussi !

>> Photo : Christopher Fausten (@christopher_rcf)