Nuit de l’antimatière à Grenoble : une soirée festive précédée par plusieurs leçons expérimentales dans les lycées

Publié par Université Grenoble Alpes, le 5 mars 2019   470

Xl affichenuitantimatiere

Le 1er avril 2019 dans toute la France, est organisée la Nuit de l’antimatière, une grande soirée festive portée au niveau national par la Société Française de Physique, le CNRS et le CEA. Une dizaine de sites interconnectés participent à cet événement dont Grenoble. L’Université Grenoble Alpes et le LABEX ENIGMASS organisent la soirée grenobloise dans l’amphithéâtre Louis Weil sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. En amont de cette soirée, une vingtaine de lycées de l’Académie de Grenoble vont bénéficier d’une leçon expérimentale sur l’antimatière proposée par des professeurs de l’UGA tout au long du mois de mars.

Dans le cadre de la Nuit de l’antimatière, 19 lycées de l’Académie de Grenoble se sont portés volontaires pour bénéficier d’une leçon expérimentale sur l’antimatière. La leçon est dispensée devant des classes de première ou de terminale S par trois professeurs de physique de l’Université Grenoble Alpes : Johan Collot, Benoît Clément et Christophe Furget. Cette opération unique en France permet de toucher des lycéens et leurs professeurs bien au-delà des grandes métropoles, réduisant ainsi l'isolement des périphéries.

Dans la première partie de cette leçon, Il est proposé de découvrir expérimentalement la détection de positrons émis par une source de sodium radioactif. Cette source de faible activité est transportable sans autorisation particulière. Le dispositif est manipulé par un intervenant habilité à le faire. Dans une deuxième partie, l'enseignant-chercheur donne un cours dans un langage adapté aux programmes de première S ou de terminale S (selon la classe) sur la radioactivité bêta plus et la relativité (annihilation d'un électron et d'un positron en énergie). Enfin, l'intervenant évoque les recherches en cours sur l'antimatière et l'usage qu'il est fait des émetteurs de positrons pour la médecine (caméra à émission de positrons).

Les lycées participants

  • Annemasse - Lycée Jean Monnet
  • Annonay - Lycée Boissy d'Anglas
  • Argonay - Lycée Lachenal
  • Grenoble - Lycée international, Les Eaux-Claires, Champollion, CLEPT de la Villeneuve
  • La Ravoire - Lycée du Granier
  • La Tour du Pin - Lycée Élie Cartan
  • Nyons - Lycée Roumanille
  • Pont de Chéruy - Lycée la Pléiade
  • Romans sur Isère - Lycée du Dauphiné
  • Rumilly - Lycée de l'Albanais
  • Saint-Julien en Genevois - Lycée Mme de Staël
  • Saint-Martin d'Hères - Lycée Pablo Neruda
  • Vienne - Lycée Ella Fitzgerald
  • Villard-Bonnot - Lycée Marie Reynoard
  • Voiron - Lycées Notre Dame des victoires et Édouard Herriot

Qu’est-ce que l’antimatière ?

La première antiparticule - le positron - a été observée en 1932 par Carl David Anderson aux États-Unis. En 1934, en France, Frédéric et Irène Joliot-Curie annonçaient qu'ils avaient fabriqué un atome radioactif artificiel émetteur d'un positron. On sait depuis les travaux théoriques de Paul Dirac, commencés en 1928 s'agissant de l'électron et de son antiparticule le positron, puis généralisés au cours du XXᵉ siècle, que chaque particule possède une antiparticule et que la matière formée d'atomes devrait en principe exister pareillement sous la forme d'antimatière formée d'antiatomes. La production d'antiatomes d'hydrogène est d'ailleurs maîtrisée au CERN depuis 1995. Mais à ce jour personne n'a jamais pu observer d'antiatomes naturels dans l'Univers. Cela constitue l'une des plus grandes énigmes de la physique contemporaine. De nos jours, les positrons émis par du glucose marqué au fluor 18 sont utilisés dans le dépistage du cancer et l 'étude des maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Plus d'un demi-million d'examens de la sorte sont réalisés dans les hôpitaux français chaque année.

La nuit de l’antimatière en France

La Société Française de Physique (SFP), le CNRS et le CEA organisent conjointement la Nuit de l'Antimatière qui se tiendra le lundi 1er avril 2019 dans plusieurs villes de France : Annecy, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Dunkerque, Genève, Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Orléans, Paris, Poitiers Strasbourg, Toulouse. Cette soirée festive a pour but d'informer le grand public et le public scolaire sur tous les aspects de l'antimatière, qui est à la fois l'objet de nombreuses recherches et source de beaucoup d'applications y compris dans la vie de tous les jours. Cet événement s'inscrit dans le cadre des 80 ans du CNRS !

La Nuit de l'Antimatière sera diffusée par webcast et "Facebook Live".

> Programme et inscription à la Nuit de l'antimatière à Grenoble