POPART : l’art contemporain et les matières synthétiques cohabitent !

Publié par Marilyne D., le 26 novembre 2012   2.4k

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Marilyne , formée à l'histoire de l'art, la muséologie et la médiation et actuellement étudiante à Science-Po Grenoble, nous propose un retour sur une conférence au sujet d'un programme entre arts et sciences.

POPART signifie "Preservation Of Plastic ARTefacts in museum collections". Autrement dit, le programme POPART est époyme du courant artistique initié (entre autres) par Andy Wharhol et connu justement pour l'emploi de matériaux divers est variés dans la composition de ses œuvres.

Le programme POPART réuni les huit pays suivants : Italie, Pays-Bas, Slovénie, Slovaquie, Angleterre, France, Danemark et les Etats-Unis. Douze partenaires au total regroupant des centres de recherche, des laboratoires dont Arc-Nucléart et également le CRCC (Centre de recherche sur la conservation des collections) et le C2RMF (Laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France) et des musées (le Victoria and Albert Museum de Londres, le Getty Conservation Institute des Etats-Unis et le Natmus du Danemark). Commencé en octobre 2008 ce programme s'est achevé en mars dernier.

M. Khoï Tran, chercheur spécialisé en chimie à l'atelier régional Arc-Nucléart, nous révèle les tenants et les aboutissants de ce programme lors d'une conférence Art-Science programmée par le Musée de la chimie, à Jarrie : "Les plastiques les plus fragiles sont les ester de cellulose (nitrate, acétate) de PVC souple, mousse de polyuréthane, caoutchouc. Le problème, au début, c'est qu'on ne voit pas de dégradation. C'est ce que l'on appelle le syndrome du vinaigre. Cela correspond une période d'induction plus ou moins longue (30 ans pour les acétates) après laquelle les objets se cassent. Les objets en celluloïd (peigne, film photographique, balle de ping-pong) sont très fragiles."

Fauteuil de Gaetano Pesce

Au commencement du programme en 2008, une poupée témoin "Poly" fabriquée au Danemark à partir de différents plastiques, est déposée dans chaque laboratoire partenaire du programme pour en étudier les dégradations. Les deux photographies ci-dessous, l'une prise au commencement du programme (à gauche) et la seconde en fin de programme (à droite) vous montrent la dégradation essentiellement constatée au niveau des pieds en polyuréthane. "La raison de ce jaunissement de la mousse de polyuréthane provient de la scission de la chaîne de polyuol sous l'action de l'eau ou par oxydation de l'air" explique M. Khoï Tran.

Les objectifs de ce programme : identifier les matières synthétiques dans les œuvres muséales et connaître les mécanismes des dégradations des plastiques de manière à dresser un bilan de l'état de ces œuvres et à envisager un nettoyage. Une conservation préventive est préconisée pour ces matières qui sont souvent remplacées au lieu d'être restaurées comme le révèle M.Khoï Tran. "Il subsiste une difficulté : le manque de compatibilité des matériaux. Les artistes n'ont pas conscience de la relative courte durée de vie de ces plastiques."

Pour que les Niki de Saint-Phalle du musée Georges Pompidou et les fauteuils de Gaetano Pesce du Victoria and Albert museum résistent au temps, POPART apporte ses réponses.

>> Illustrations : .margotta, geishaboy500 (Flickr, licence cc), ARC-Nucléart/CEA Grenoble (droits réservés)

>> Source : article initialement publié sur le blog de Marilyne, le 7 octobre 2012