Quand un service hospitalier est décortiqué par l’exercice théâtral…

Publié par Marilyne D., le 24 septembre 2012   1.7k

Programmée en début d'année 2012 en partenariat avec le CREARC et le comité d'éthique du CHU de Grenoble, Neuf femmes en blanc est une pièce écrite et mise en scène par Fernand Garnier.

La pièce de théâtre Neuf femmes en blanc [ndlr : jouée en début d'année 2012] met en lumière la vie d'un service en cancérologie, de la technicienne de surface au manager du service... Étrange mélange de souffrances provoqué par des morts violentes, injustes ou des morts attendues, belles... Tout en contrastant avec une vie bourdonnante dans le service.

Ces femmes parent leurs nez de clown, nés des rapports parfois complexes et absurdes qu'elles peuvent avoir avec les familles des patients ou bien les patients eux-mêmes. C'est alors une agitation dans le service et de forts débats entre ces collègues de travail qui s'insurgent et s'interrogent.

La mythologie grecque sert de fil conducteur pour nous introduire dans la réalité de ce service hospitalier. Asclépios, dieu grec des Médecins envoie Hygie, sa fille déesse de la Santé et de l'Hygiène, vérifier les conditions de travail de ce service. Le masque d'Hygie, les blouses blanches, les nez de clowns et les cubes blancs, procurent une mise en scène épurée et contemporaine. Il y a un homme parmi toutes ces femmes, personnage bizarre qui vient perturber notre imaginaire...

Cette pièce s'intitule Neuf femmes (...), un homme ? Il s'agit d'Olivier, aide soignant lui aussi. Olivier assiste à la mort de M. Petropoulos, un patient avec lequel il s'était lié d'amitié, il est bouleversé par cette mort qui est venue lui enlever son ami. Tous les membres du service apportent leurs compétences dans le parcours évolutif de la maladie : une psychologue qui dit construire dans un au-delà avec ces patients atteint de cancer, une esthéticienne qui "fait des papouilles" en redonnant surtout le plaisir aux patients et la détente, une technicienne de surface qui fait la conversation et apprend à connaitre les patients.

Chacune à leur niveau redonne la vie avant la mort ? Comme vous l'aurez compris, la mort est très présente dans cette pièce pourtant on ne ressort pas en larmes, au contraire, on a pu en rire à certains moments. Nous sommes maintenant sur les marches du temple d'Epidaure (haut sanctuaire antique dédié à Asclépios, le fil conducteur est toujours là) plongé entre philosophie, dureté et cocasserie ... Ce que l'on retient est que la vie est à consommer avec toute attention...

>> Pour aller plus loin : Visitez le site du CREARC (Centre de Création de Recherche et des Cultures)

>> Illustrations : Mamzel*D (Flickr, licence cc), CREARC

>> Source : article initialement publié sur le blog de Marilyne