Safari en Balconie - (épisode 13)

Publié par Muséum De Grenoble, le 21 juin 2020   170

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Carnet d’explo 10

Amis de la Nature, de l’Aventure et du Monde, depuis plusieurs jours le mauvais temps a pris possession de la région balcone : pluie, vent, froid. Un gros coup de vent a déchiré la tente. Ma troussette de couture a été la bienvenue mais j’ai quand-même dormi deux nuits mouillé. A l’intérieur du duvet les plumes de Canard sont en vrac, ça protège du froid mais pas de l’humidité. Chez les Canards vivants, les plumes sont bien rangées, entretenues, et forment une couche très étanche que l’eau ne peut traverser. Heureusement ma bonne forme m’a permis de n’écoper que d’un petit rhume. Un autre problème a été de randonner en permanence sur un sol plat et souvent lisse, donc très glissant dès que les flaques se forment et quand elles sont stagnantes. J’ai voulu en profiter pour faire de l’aquaplaning, oui, en chaussures de marche, ça se fait. J’en ai subi quelques belles gamelles qui ont quelque peu endolori et mouillé mon postérieur, en plus des dents pétées sur les rambardes balcones. Vous savez, comme il ne se passe pas grand-chose ici, je m’amuse d’un rien : mon côté gamin sans doute ! Quant à mon côté observateur (voyeur, épieur) d’où vient-il ? Peut-être avez-vous une idée ? Toujours est-il que cette mauvaise météo a fait considérablement reculer ma moyenne de temps passé à observer, et des espèces répertoriées chaque jour. Ajouté à cela que la migration se termine et que nombre d’oiseaux ne poussent que peu la chansonnette à cause de leur inclinaison à couver ou chercher de la nourriture pour les nouveaux- nés, vous comprendrez que cette semaine a été assez creuse sur le plan naturaliste.

La Balconie est ouverte à tout vent et peu protégée des pluies. Je vais donc suggérer au gouvernement de la Balconie de construire des observatoires dans des lieux bien choisis. Cela permettra d’observer la faune dans de bonnes conditions et durablement. Pour les aventuriers comme moi, nous pourrions alors y faire des haltes, nous y abriter et nous y reposer au sec, en plus d’améliorer notre socialité en croisant d’autres randonneurs balconistes.

Faune balcone :

Merle noir :     les mâles vocalisent fièrement en hauteur et bien en vue pour affirmer leur présence sur un territoire, quitte à rester oisifs ensuite. Plusieurs chanteurs peuvent se faire entendre en même temps. Ils y passent parfois de longs moments. Pendant ce temps, les femelles restent en bas, discrètes et affairées.


Pinson des arbres :     son nom est du à son comportement très arboricole. Il chante toujours perché lui aussi mais il est bien moins voyant. Son plumage est très coloré mais il sait se fondre davantage dans le décor. Par contre il passe autant de temps au sol que dans les arbres pour se nourrir.


Fauvette à tête noire : c’est la reine de la farfouille, toujours en mouvement à couvert et chantant au cœur de la végétation. C’est sa voix qui permet de l’identifier et de la localiser. Le mâle porte un béret noir et la femelle un béret roux. A force de patience on peut les apercevoir correctement à découvert … mais furtivement.


Huppe fasciée :     la migration la pousse dans nos contrées, même en ville, courant avril et mai. Venant d’Afrique, elle peut très bien faire une halte prolongée dans un jardin ou un parc, voir un ensemble de ceux-ci, pour se retaper avant de repartir. Son chant est très agréable mais attention de ne pas le confondre avec celui d’une Tourterelle turque entendue d’un peu loin.


Ecureuil roux :     il fait partie de ces animaux adorés pour leur esthétique. Lui c’est aussi pour ses acrobaties, ses grands yeux, son agilité, et son goût pour prendre la pose : en gros pour son panache. Ce mammifère peu commun en ville complète à merveille la faune volatile même s’il lui arrive de grignoter des œufs ou des oisillons. Son territoire peut être assez vaste et c’est pourquoi il traverse dangereusement les routes. D’où les écuroducs.


A bientôt … Jimi Coquebot