Safari en balconie - (épisode 5)

Publié par Muséum De Grenoble, le 7 avril 2020   600

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Carnet d’explo


Amis de la Nature, de l’Aventure et du Monde … tout va à peu près bien. Il fait beau ☀️ et je récupère bien lors des nuits. Le « à peu près » est du à des petits problèmes.


Tout d’abord j’ai mal aux pieds ; c’est très pénible de marcher sans arrêt sur un sol carrelé dur et lisse. Ça fait mal et ça fait des ampoules ; si encore je pouvais utiliser celles-ci pour m’éclairer le soir ! Mais le problème est surtout d’ordre alimentaire. Les fraises sur lesquelles je comptais pour manger des fruits frais sont desséchées à cause du manque de pluie. J’ai aussi perdu la soupape de ma cocotte-minute, et mes boîtes de caviar sont toutes périmées. J’avais oublié de vérifier la date avant de partir ; j’ai du être distrait.

Mais le pire, cette nuit on m’a volé ma chicorée en grains, utile pour mon infusion matinale. J’espère que la liste va s’arrêter là car j’ai peur de crever la dalle tout seul sur mon balcon. 😳


Existe-t’il donc une délinquance balconière ? Dois-je craindre pour mon matériel ? Qui a fait ça ? Un animal ? Un accro-balconiste ?


Ce soir je ferai une danse de la pluie, pour qu’elle tombe, après la séance « d’applaudissements » quotidienne à laquelle je m’astreints pour penser aux autres et à vous. J’espère que le voisinage, très circonspect à l’égard de mon exploration en Balconie, ne va pas trop mépriser mes efforts, et ma danse, pour m’intégrer à la vie sociale du pays, qui est assez moribonde je dois dire.

Faune balcone


ℹ️ La famille dite des « corbeaux », corvidés de leur vrai nom, est absente de la Balconie en tant que telle, mais elle est par contre très présente à ses limites. Plusieurs de ses représentants se manifestent quotidiennement, posés sur les arbres, les toits de maisons et toits d’immeubles, les antennes de télé, les cheminées, les murs, fils et poteaux, ainsi qu’au sol.


L’espèce principale en ville est la Corneille noire. Un couple s’est installé en haut d’un grand cèdre du Liban, et ses allées et venues font penser à des nourrissages de petits. Elles sont territoriales et chassent les Pies bavardes qui aimeraient pourtant bien rester plus longtemps dans le coin. Cette année celles-ci ne sont donc que de passage.


Ne dit-t’on pas que les Pies sont voleuses ? On peut être circonspect, on ne les voit jamais sur les balcons. Ces derniers jours, par deux fois des Geais des chênes sont apparus, colorés mais discrets, allant d’arbre en arbre, traversant le paysage. Alors qu’au loin on entend les cris graves des Corbeaux freux, nichant en colonie dans le parc d’un collège. Le soir, des bandes de Choucas des tours les rejoignent pour passer la nuit, car les corvidés adorent se regrouper à plusieurs espèces pour dormir.


Hier, un Grand corbeau montagnard a survolé la Balconie, assez haut, mais ses cris sonores ont retenti dans les oreilles averties 👂 . Sans doute que la baisse de circulation automobile a permis de l’entendre plus facilement : « krrrrrok krrrrrok krrrrrok » disait-il !


En tout cas, même si les espèces de corvidés ne sont pas toutes présentes en ville, on peut en observer un bon échantillonnage, et leurs comportements sont parmi les plus intéressants qui soient chez les oiseaux.


A bientôt

Jimi Coquebot 



Par le Muséum de Grenoble