Workshop FIBRA #5 - Panier XXL – Tressage structuré

Publié par Echosciences Grenoble, le 18 décembre 2019   260

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Notre équipe est constituée d'Aline Abou Serhal, spécialisée en Architecture et venue du Liban, de Maria Victória de Oliveira Penteado, Architecture et Urbanisme, Brésil et de Ninon Barray, Design de Communication Espaces et Volumes, en France. Nous sommes toutes les trois issues d'horizons différents mais regroupées en DPEA Design et Innovation pour l'Architecture. C'était néanmoins la première fois que nous travaillions ensemble et en équipe sur un projet de conception.

Ce premier contact avec la matière nous à mises en confiance pour la travailler lors de notre prochain projet. Nous avons eu, tout au long de la semaine de workshop, accès aux conseils d'un vannier professionnel, Henri. Tout cela nous a permis de prendre en compte les difficultés que pouvait amener la taille de notre prototytpe, la durée des actions menées : séchage, mise en forme, tressage...

Les moments clefs de la création de notre prototype :

  • Création de trous dans la structure du cadre, élément imposé, pour venir y glisser les branches de rotin et ainsi incorporer au mieux le cadre dans notre projet. Nous avons percé la structure initiale pour essayer de mieux mélanger ces deux éléments ensemble : la matière brute et quelque chose de déjà fabriqué.
  • Tressage des branches de rotin entre elles, ce qui va commencer à structurer notre prototype, même si nous avions choisi l'espacement des brins sur la structure, leur taille, leur couleur et la manière dont ils viennent s'assembler, les espacements, les courbes naturelles des brins, la manière dont la gravité les emmène vers le sol, à partir de quel point...
  • Création de la forme qui sera la porte d'entrée (ou de sortie) de notre prototype
  • Assemblage des deux parties – tunnel et petite porte – ensemble

Jour 1

Nous nous mettons dans le sujet, plusieurs présentations et explications autour des fibres nous sont données. Les partenaires pour ce projet nous inspirent d'architectures issues du FIBRA Award et les DPEA de deuxième année nous font chacun une présentation de leurs recherches autour de matières et de techniques d'assemblages.

Présentation de l'intervenant, vannier, et de ses créations, nous prenons en mains les premiers produits et échantillons. Paniers de différentes tailles, avec et sans anse, à poser au sol ou à suspendre, structurés, ou certains volontairement déformés. Nous créons une première base d'inspiration de formes, de matières, de textures, de couleurs et d'assemblages.

Nous créons notre équipe de trois personnes puis notre thème nous est assigné par tirage au sort. Le nôtre sera "Tressage 3D : panniers XXL".

Premier aperçu de toutes la matières disponibles à l'atelier, de leur variété et de leur quantité. Nous faisons connaissance avec les matières brutes que nous mettrons plus tard en forme. Début des croquis et brainstorming des premières idées et formes que nous inspire notre thème. 

Nous réfléchissons également à comment incorporer le cadre - qui est imposé comme base départ à tous les groupes. Sa taille, environ 2 mètres de haut par 50 centimètres de large nous porte à un rapport d'échelle qui est celui du corps. Nous utiliserons ce cadre comme une porte et nous allons le percer pour qu'il fasse partie intégrante de la structure.

Jour 2

Nous devons décider plus clairement ce que sera notre projet, définir sa forme, sa fonction ainsi que les matières que nous voulons utiliser. Nous sommes toutes les trois d'accord pour créer une structure qu'il est possible de traverser, une sorte de tunnel. Notre prototype ne sera pas uniquement un objet à voir mais autorisera également le visiteur à passer au travers.

Pour cette structure, il nous faut donc des brins longs et rigides. Nous choisissons l'osier comme structure de base, en espérant l'assembler avec d'autres matières plus souples. Réalisation de trous dans la structure de base et mise en place des brins d'osier. Nous réalisons des essais de tressage des brins d'osier que nous fixons temporairement avec des fils. Nous mettons en place un choix coloré pour les brins d'osier, une alternance de brins d'osiers verts et d'autres d'osiers rouges.

Pour pouvoir travailler les brins sans les casser et les rendre plus souples, nous les plaçons dans une étuve pour une vingtaine de minutes. Le but étant que ces brins restes souples sur plusieurs jours, il seront donc recouverts d'une bâche le soir.

Jours 3

Ajout des brins manquant à la structure. Pour les assembler entre eux, nous choisissons un fil ciré rouge pour souligner et mettre en évidence les points de liaisons des brins et pour son esthétique.

Au départ essentiels, les nœuds deviennent de moins en moins nécessaires, car la structure se soutient de plus en plus par elle-même. En effet, les brins s'entremêlent/ se chevauchent – un dessus, un dessous, un dessus - et la structure se solidifie et ne peut plus se défaire d'elle-même.

Choix d'un espacement définitif des brins entre eux, de la taille de leurs croisements, que nous pouvons laisser naturel ou choisir de contraindre. Ce choix définira l'aspect final de la structure. Nous avons le temps de créer la structure jusqu'à sa moitié et nous décidons de nous arrêter ici pour aujourd'hui pour que l'on puisse réfléchir à la manière de créer la porte de sortie / d'entrée (l'autre ouverture du tunnel) : quels matériaux, quelle technique, quelle esthétique ?

Le soir, nous imaginons avec l'aide d'Henri le vannier, la base pour la création de la forme de notre entrée. A plat, nous mettons des vis autour desquelles nous viendrons positionner un mélange de brins et tiges de rotin et d'osier - les plus longs et les plus rigides à notre disposition. Pour réaliser ce cintrage, les brins sont préalablement étuvés pour les rendre souples. Nous venons faire des essais pour solidifier cette structure avec de l'écorce d'osier mouillée que nous venons tresser tout autour des brins.

Difficultés pour cette journée :

  • La taille de la structure, trouver des brins assez rigides et épais pour supporter le cintrage
  • Le cintrage des matériaux de notre seconde porte
  • Trouver une technique pour emmêler les premiers brins entre eux et venir solidifier cette structure en enroulant de nouveaux de l'éclisse d'osier et venir solidifier le tout avec de d'écorce d'osier (plus épaisse)

Questionnements : comment fixer la structure 'petite porte' à notre structure initiale ? De l'utilité de la création d'arches aux intersections qui viendraient maintenir et solidifier la forme initiale.

Jour 4

Après validation de la bonne tenue de notre technique, finalisation de la structure d'entrée/sortie en entremêlant de l'éclisse de rotin et de l'écorce d'osier. Choix de comment enrouler ces matières qui vont solidifier notre structure cintrée : bi-directionnellement pour l'éclisse de rotin (aller-retour avec un même brin) puis enroulé tout autour dans un seul sens avec l'écorce d'osier.

Choix du positionnement de l'entrée par rapport au tunnel, en tenant compte de la longueur, des différentes inclinaisons possibles et de l'expérience de passage qui en résulte. 

Choix d’un placement pour l’entrée créée : parallèle et verticale, légèrement inclinée par rapport au cadre, qui soulignera la différence de hauteur entre les deux extrémités du tunnel.

Apprentissage du nœud appelé l’œil du maître. Nous réalisons quelques essais au croisement des brins de la structure avec de l'éclisse de rotin foncé. Ils seront décoratifs plus qu'ils ne serviront réellement qu'à maintenir les brins entre eux.

Brainstorming de solutions pour fixer l'entrée au tunnel : recherche d'options qui compléteraient et/ou s'ajusteraient à l'esthétique établie tout en restant rigide et qui permettraient aux brins de ne pas glisser.

Au final, pour plus de rigidité et de sécurité lors du déplacement, nous décidons d'utiliser des clous pour la fixation de la porte à la structure tunnel. Nous venons les fixer avec une cloueuse pneumatique. Nous coupons les brins qui dépassent de la petite porte pour qu'ils s'arrêtent nettement à celle-ci.  Difficultés : fixation de l’entrée en tenant compte des contraintes, il va y avoir du passage, les gens vont venir toucher, faire bouger cette entrée, besoin de quelque chose sur et permanent.

Jour 5

Dernière heure de conception avant la présentation finale du prototype. Nous terminons le travail sur la forme de l’entrée principale. Nous avons pour but d'obtenir une forme d'ellipse, et pour cela, nous devons contraindre la forme originale qui est ronde. Nous avons depuis le jour 4 placé un fil tendu entre les deux extrémités du rond en attendant que les brins qui viennent solidifier la structure sèchent et restent en place avec cette forme. Nous le gardons jusqu'a la dernière minute de la présentation.

Nous avons finalisé l'entrée de la structure en nouant les branches à la forme de l'entrée et masquer les petits clous utilisés. Nous décidons de garder la longueur des fils de raphia pour l’esthétique qu'ils offrent.

Les feedbacks suite à la présentation étaient variés et venaient compléter nos premières idées lors du brainstorming de début de projet :

  • Réalisation d'une forme plus longue, plus sinueuse et plus dynamique. Moins régulière tout en restant structurée et garder cette composition de base.
  • Intégrer des structure d'arches en osier à l'intérieur
  • Venir tresser différemment au niveau des entrées de la structure pour solidifier les brins, et donner une esthétique
  • Suivre plus ou plus/mieux prendre en compte la courbe et les inclinaisons naturelles de la matière
  • Garder l'effet de vitesse que pouvait naturellement avoir la branche d'osier en entier, que nous avons 'coupée' en coupant les branches au niveau de la porte
  • Mettre l'élément de contrainte (le cadre) au milieu de notre structure et venir créer le tunnel des deux côtés du cadre pour mieux l'incorporer à la structure

// Ce projet porté par l’ENSAG et, en partenariat avec amàco, le DPEA Design pour l’architecture et l’innovation, La Casemate et les Grands Ateliers reçoit le soutien de l’IDEX Université Grenoble Alpes.