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Une interne de neurologie du CHU Grenoble Alpes remporte le prix du meilleur poster aux journées nationales de Neurologie 2017

Publié par Laurent Vercueil, le 21 avril 2017   3k

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Fin mars dernier à Toulouse, les JNLF 2017 (Journées de Neurologie de Langue Française) ont été, comme chaque année, l'occasion de réunir la grande famille de la neurologie autour de conférences, séminaires et ateliers. Ces journées scientifiques et médicales donnent aussi aux plus jeunes, les internes en formation, la possibilité de présenter des communications affichées. Ces posters font l'objet d'une visite par un comité d'experts et leur qualité est évaluée et, le cas échéant, récompensée. Chaque année, plus de 500 propositions de communications sont faites, dont environ 300 sont sélectionnées pour le congrès. Tous les thèmes de la neurologie sont abordés, témoignant de la richesse de la discipline.

Tout au long des 4 jours que se tient le congrès, les posters sont visités et les meilleurs sont sélectionnés pour un affichage en "vitrine". Le dernier jour, les 6 meilleurs posters sont récompensés par la remise d'un prix du poster des JNLF. Cette année, Anne Oerthel, interne du service des Explorations Fonctionnelles du Système Nerveux du CHU de Grenoble (CHUGA) a été distinguée, pour un travail qui rapporte le recours original et pertinent d'une modalité des explorations neurophysiologiques. C'est l'occasion d'évoquer avec elle les raisons pour une interne de médecine de choisir cette discipline, les avantages et les inconvénients de ces études, les possibilités d'accès au domaine de la recherche, clinique ou fondamentale, et d'autres sujets.


Félicitation pour ce prix, Anne ! C'est l'occasion de t'interroger sur ton parcours, ce qu'est l'activité d'un interne en neurologie, les raisons de ce choix, les liens avec la recherche en neurosciences, etc. Peux-tu commencer par présenter ton parcours d'étudiante ?

Je sais que je veux faire de la médecine depuis que je suis au collège. Je m'ennuyais à l'école et j'aimais bien la SVT. Et pour moi, faire médecine, c'était faire de la génétique. J'ai fait un classique bac S, ma première année de médecine à Tahiti, et après, pour la deuxième et troisième année, j'ai atterri à Bordeaux, puis, par choix personnel, la suite de mon externat à Grenoble. L'externat, c'est cette période où on approfondit nos connaissances fondamentales en médecine mais où on a aussi un "pied" dans la clinique grâce aux stages hospitaliers. Pendant les stages, je me suis rendue compte que j'aimais le contact humain, et j'ai plutôt souhaité faire une spécialité médicale.

Au terme de ces six premières années d'étude de médecine, pourquoi ton choix s'est-il orienté vers la neurologie ?

J'ai découvert la neurologie juste avant de passer le concours, parce que je me suis forcée à y passer comme "résidente" (juste avant l'internat), parce que c'était une discipline qui me faisait peur. J'ai découvert alors une grande richesse sémiologique, et une diversité des systèmes (les muscles, les nerfs, le cerveau et la moelle) qui comblaient tout à fait mes attentes intellectuelles et humaines.

L'immersion dans le domaine clinique, la rencontre des patients, des équipes, t'ont-ils conduits à découvrir des aspects de la discipline que tu n'imaginais pas auparavant ?

L'existence de maladies peu sévères, d'évolution favorable, a changé l'image que j'avais d'une discipline associée systématiquement à des évolutions tristes.

Une interne de médecine a-t-elle la possibilité de participer à des travaux de recherche ? La proximité avec le GIN (Grenoble Institut des Neurosciences), est-elle vécue comme une opportunité par les internes en neurologie ?

On pourrait profiter davantage de cette proximité, d'autant que l'environnement est très favorable à ces liens entre la clinique et la recherche. Le problème est aussi que l'interne passe beaucoup de temps dans le service où il assure la première ligne médicale. On a aussi un temps de formation indispensable à ménager, car nous sommes encore loin d'avoir maîtrisé toute la discipline ! Tout ceci laisse peu de temps pour la recherche, hors réalisation d'un master 2.

Merci Anne et bonne continuation !

Anne Oerthel (à gauche), posant devant son poster primé aux JNLF 2017 de Toulouse

(à droite l'auteur de ce billet)