[SAISONTERRE] Neutralité carbone : une notion pas si neutre ?

Publié par Jacques Talbot, le 4 mai 2021   500

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Ce café a eu lieu via Zoom le 4 mai  2021. L'enregistrement est disponible via ce lien . Les documents présentés sont disponibles (colonne de gauche).

Image © Patrick Sztulzaft

Bien qu’il n’ait pas été inventé en 2015, le concept de neutralité carbone est devenu populaire à l’occasion de l’accord de Paris sur le climat qui stipule à l’article 4 : “Les Parties cherchent à parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais, […] et à opérer des réductions rapidement par la suite […] de façon à parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle ". 

Ce concept paraît simple et c’est sans doute ce qui explique son succès tant au niveau politique qu’économique puisque de plus en plus de sociétés se dotent de mécanismes d’engagement vers la neutralité Carbone. Néanmoins, cette apparente simplicité cache des aspects qui ne sont pas si évidents : comment calcule-t-on un bilan carbone sur un périmètre donné (société, ville, pays, planète), quels puits de carbone peut-on prendre en compte, naturels (continents, océans) et artificiels (captage du CO2), quels sont les gaz à effet de serre qui sont pris en compte, les méthodologies de calcul de bilan sont-elles "approuvées", ….

Tous ces niveaux de complexité ont des effets réels quand on cherche à atteindre des objectifs de neutralité carbone et ces effets dépendent de la manière dont ces aspects sont pris en compte dans les textes réglementaires. Par ailleurs, les normes et réglementations ont un impact dans nos économies régulées.

Au-delà de ces aspects méthodologiques, il est aussi crucial de se poser la question de l’aspect réaliste des objectifs de l’accord de Paris, et cela même si de nombreuses voix s’élèvent pour dire qu’ils ne sont pas assez ambitieux. En effet, l’augmentation des  émissions de gaz à effet de serre au 20ème siècle est liée à notre mode de vie très hautement dépendant de l’intensité énergétique des sources fossiles et on peut donc se poser la question de notre capacité à changer nos modes de vie, de consommation pour atteindre cet objectif ambitieux de neutralité carbone.

Nos intervenants nous aideront à voir plus clair à travers les différents niveaux de complexité de la neutralité carbone.

Intervenants

  • Marion Lemoine,  chargée de recherches en droit

  • Denis Loustau, chercheur, spécialiste du cycle du carbone

  • Sandrine Mathy, directrice de recherche, économiste de l'environnement 

Modérateur : Patrick Sztulzaft (CSCAG)