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Communauté

Mémoires du Futur

La culture comme vecteur d’homéostasie de l’espèce humaine ?

Publié par Jean Claude Serres, le 19 janvier 2018   910

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Dans son blog « Voilacestdit » Gérard Lebrun[1] a réalisé une belle contribution de synthèse croisée des deux derniers livres de B Latour[2] et de A Damasio[3]. Le second apporte cette mise en perspective du rôle de la culture dans la réalisation et le développement des capacités d’homéostasie indispensable à la survie de l’espèce humaine.

 Depuis les rituels découverts dans les grottes Lascaux, Chauvet et biens d’autres, en passant par les diverses religions et depuis si peu, comparativement, le développement des sciences, les multiples cultures et civilisations ont contribué à assurer la survie de groupes humains, jusqu’à leur extinctions successives. Les cultures par les traditions orales, les gravures, l’imprimerie et maintenant le numérique se sont fertilisées et hybridées pour le meilleurs et pour le pire. Avant la création des outils allaient relativement de pair avec l’évolution des relations sociales. Depuis peu, la voiture et surtout le numérique à travers les techno sciences ont précédé dans la démesure les mutations sociales qu’ils ont engendré.

Les avancées technologiques sont conçues et principalement utilisées par la population occidentale ou sociétés WEIRD [4]. C’est une relation quasi incestueuse entre les chercheurs, les industriels et les utilisateurs qui induit un phénomène d’exclusion grandissant autant intra que inter communautaire Lire qui sont les exclus sur le même blog. Notre empreinte écologique et notre pouvoir de nuisance paraissent directement lié à nos niveaux de revenus et à nos orientations de financement.

La question autant citoyenne que politique est d’identifier nos problèmes majeurs et d’adapter nos stratégies collectives et individuelles en conséquence. Tout aussi important que soient les problématiques écologiques de la pollution et du réchauffement climatique, il ne me semble pas que ce soient les stratégies premières à définir et à mettre en œuvre.

Quatre axes stratégiques paraissent prioritaires à mettre en œuvre. Avant de vouloir assurer un futur plus ou moins maîtrisable pour la sauvegarde d’une planète compatible avec la survie de l’espèce humaine, un cercle vertueux reposant sur quatre piliers pour rendre la cohabitation des habitants plus humaine, générera en plus une réduction de nos empreintes écologiques.

  •  Le premier axe est celui du mieux vivre ensemble et de la lutte contre toute formes de discriminations
  • Le second est d’intégrer notre finitude individuelle et collective et d’apprendre ainsi à mieux vivre nos fins de vie et à mieux les accepter.
  • Le troisième, plus technique est de faire meilleurs usage des prouesses numérique et le développement de l’intelligence artificielle. Que délocaliser de nos cerveaux vers les machines pour le développement de quelles autres compétences spécifiquement humaines ?
  • Le quatrième questionne les champs philosophiques et spirituels des sociétés WEIRD en mal de sens et de bien vivre malgré leur richesse.

 

A quoi servirait de vouloir prolonger la survie de l’espèce humaine et en particulier celle des sociétés WEIRD si elle n’est « vraiment humaine ? » que pour une infime minorité ?

[1] Gérard Lebrun Blog voilacesdit

[2] B Latour : Où atterrir ? Comment s’orienter en politique

[3] A Damasio  L’Ordre étrange des choses, La vie, les sentiments et la fabrique de la culture 

[4] Yuval Noah Harari Hpmo Deus Chp 10  WEIRD sociétés occidentales, éduquées, industrialisées, riches et démocratiques