Les robots doivent-ils avoir peur de nous ?

Publié par Marguerite Pometko, le 1 juillet 2016   1.6k

Xl robot abuse

L’été dernier, des chercheurs canadiens ont créé le robot Hitchbot pour découvrir si les robots pouvaient faire confiance aux humains. En 26 jours, Hitchbot a parcouru 10 000 km à travers le Canada, pris en stop par 19 personnes. Certains se sont amusés à poster leurs aventures avec le robot sur le twitter qui lui était dédié. Mais l’aventure du robot s’arrêtera quelques jours après qu’il eut entamé la traversée des Etats-Unis, où il finit démembré dans le centre-ville de Philadelphie. Comme on peut le lire sur sur son dernier tweet, le robot n’en veut pas à l’humanité: « My trip must come to an end for now, but my love for humans will never fade. » Et si finalement c’était les robots qui devaient nous craindre ?

Une innovation dans la robotique consiste à programmer les robots de telle sorte qu’ils se protègent de nous, en refusant d’obéir à un ordre s’il le met en danger. La troisième loi de la robotique d’Isaac Asimov trouve donc enfin son application : « un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec les deux premières lois. » Sur cette vidéo on peut voir le robot Nao refuser d’avancer vers le bord de la table s’il risque de chuter. Mais lorsqu’on lui assure qu’on le rattrapera, il s’exécute.

Au Japon, une compagnie de robotique a programmé ses robots afin qu’ils évitent les enfants lorsqu’ils en croisent. En effet, une étude effectuée dans un supermarché japonais prouve que les enfants peuvent se montrer tout particulièrement cruels à l’égard de robots. Un robot circulait entre les rayons demandant aux clients de dégager le passage à chaque fois qu’il en croisait, mais lorsqu’il se retrouvait en face d’enfants ceux-là se sont amusés à lui bloquer le passage, voir à lui lancer des projectiles.

Récemment, les vidéos test des robots militaires de Boston Dynamics ont fait couler beaucoup d’encre. Dans la dernière vidéo on voit un homme pousser violemment le robot Atlas, pour montrer sa robustesse et sa capacité à se relever facilement. Beaucoup de gens ont trouvé « inhumain » de voir le robot se faire frapper. Des internautes ont même ironiquement lancé le hashtag #Robotslivesmatter et imprimé des t-shirts contre la maltraitance exercée à l’égard des robots par Boston Dynamics. A Marseille, l’artiste France Cadet crée des trophées de chasse de robots animaux...

Tout compte fait, c’est peut-être plutôt les robots qui devraient nous craindre... La dernière solution pour eux serait d’emménager en Corée du Sud où leurs droits seraient assurés. Selon la Charte éthique de la Corée du Sud, un robot a « le droit d’exister sans crainte de blessures ou de la mort » et « le droit de vivre une vie exempte de violence systématique ».