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Science F(r)ictions

Collège Pablo Picasso - Atelier d'écriture de science-fiction - 2ème intervention

Publié par Li Cam, le 6 mars 2017   1.3k

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16 février 2017 – deuxième intervention (lire la première ici)

Le soleil brille, ce matin, à Échirolles. Je n’ai pas souvenir d’un temps aussi clément à cette période de l’année. Je scrute le ciel d’un bleu printanier et songe un instant au changement climatique. Peut-être une idée de futur atelier d’écriture ?

À 7h55, j’entre dans le collège Picasso pour ma deuxième intervention dans deux classes de 3ème. Les jeunes se sont regroupés dans la cour. Nous sommes la veille des vacances de février qu’ils attendent sans doute avec impatience.

La dernière fois, au mois de janvier, nous avons cherché des idées autour du thème : « Mon meilleur ami est un robot ». La séance de remue-méninges s’est avérée très productive, preuve que les jeunes se sont facilement appropriés un futur peuplé de machines intelligentes. L’exposition « Monstrueux, vous trouvez ça normal » à la Casemate les a sans doute aidés à se figurer l’avenir de la robotique et ce que la technologie peut encore changer dans leur vie.

Finalement l’exercice a été facile pour eux. Comme dirait Astérix : « ils sont tombés dedans quand ils étaient petits ». Au point que Cécile Giai-Via, Peggy Menesson et moi, nous sommes senties un peu dépassées par la facilité avec laquelle ils intègrent la technologie à leur quotidien. Ils possèdent tous des smartphones, utilisent SIRI et jouent à des jeux vidéos dans lesquels les robots sont omniprésents. La plupart utilisent internet et les réseaux sociaux.

Une fois en classe, je les interroge sur ce que nous avons fait la dernière fois, et les idées qu’ils avaient trouvé leur reviennent vite à l’esprit.

Nous avons la matière. Qu’en faire maintenant ?

De ce que je comprends, ils ont pour habitude de se lancer directement dans la rédaction. Ils s’attendent donc à ce que nous plongions dès aujourd’hui plume en main. Or, ce n’est pas ce que j’ai prévu. Je leur annonce qu'aujourd'hui nous allons élaborer la trame ou le schéma narratif de la nouvelle. J’ai la surprise de découvrir qu’ils connaissent ces termes. Ils ont également entendu parler des mots : « rebondissements », « éléments perturbateurs », « situation initiale », « intrigue » et « chute ».

J’ai prévu un petit exercice. Je leur restitue quelques unes des idées qu’ils ont émises en janvier et leur demande de les placer sur la trame. Ils organisent facilement le récit.

Une fois, la trame déroulée sur le tableau, l’heure est venue de commencer à écrire.

70% du travail est fait mais le passage à l’écrit, même pour un écrivain expérimenté, reste un moment particulier. Nous abordons ensemble l’angoisse de la feuille blanche.

Je leur demande alors comment ils comptent commencer leur nouvelle. Une jeune fille me propose : « Il était une fois », mais la classe lui répond à ma place :

- C’est dans les contes, pas dans les nouvelles de science-fiction !

Comment faire alors ?

Pour remédier à l’angoisse de la page blanche, j’ai une petite astuce, un truc qui marche pour moi. Écrire une nouvelle, c’est d'abord raconter une histoire. Et nous racontons tous des histoires. Le lundi, nous relatons à nos amis ce que nous avons fait le week-end et ils nous arrive parfois d’améliorer, de romancer ce que nous avons vécu pour susciter l’intérêt.

Bien évidemment quand je leur demande s’il leur est déjà arrivé de mentir à leurs copains sur ce qu’ils ont fait pendant les vacances, les jeunes avouent qu’ils retouchent un peu la vérité pour impressionner ou pour tout simplement avoir quelque chose à dire.

Quand j’écris, je m’adresse à quelqu’un en particulier, je ne dirais pas qui, mais sans cette personne, je ne saurais pas toujours quoi raconter. Elle m’est très précieuse. Je cherche à me faire apprécier d’elle, à la séduire, à l’impressionner. Cette personne est une sorte de muse.

Dans leur nouvelle, les jeunes doivent se mettre en scène eux-mêmes. Comme ça, au détour de la conversation, nous parlons des réseaux sociaux, j’en profite pour leur expliquer ce qu’est une autofiction, une autobiographie romancée. Dans une autofiction, l’auteur raconte sa vie en y insérant des éléments fictifs.

Et si ton meilleur ami était un robot ?

À suivre ici.