#MakerFaireGre - Petite fabrique de poésie

Publié par Léa Bolliet, le 14 octobre 2015   1.7k

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a bidouille, ça invente et ça gribouille. Les scientifiques ne sont pas les seuls à la MiniMakerFaire de Grenoble. Nombre d’artistes et de créateurs s’y bousculent, étalant leur imagination dans les allées de la Halle Clemenceau. Un voyage haut en couleurs, enclitique et original, offert aux yeux et aux mains des visiteurs.

Les portes s’ouvrent sur un grand hall de plus de 4000 mètres carrés. Directement à droite trône l’espace Trièves, premier groupement de makers hyperactifs. Arnaud y expose ses animatroniques, des robots « sans consciences » faits de ficelles et de carton. Fan de BD, Arnaud crée aussi des personnages en pâte modulable à l’infinie. Un détour et on tombe sur le stand d’Imprimator, un collectif d’artistes en panne de cartouche d’encre. La bête qu’ils ont imaginé fonctionne avec un stylo seulement. À l’heure des imprimantes 3D, l’idée n’est pourtant pas archaïque tant elle est ingénieuse, agrémentée d’un rendu particulièrement esthétique. Bref, de la bidouille poétique comme on l’aime.


Quelques pas dans les méandres qui suivent, et le trio infernal de Comix4000 apparait. Les compères jouent aussi avec l’encre et le papier : L dessine, K programme, Comix4000 imprime. Quoi ? Une sélection aléatoire de trois vignettes, associées à trois petite phrase, le tout sur des tickets de caisse. Un démarche aussi étrange qu’originale que les makers légitimisent par le rendu absurde (et innovant) de la bande dessinée ainsi créée.

Mais pour plus d’émotion dans une histoire, il nous faut aussi du son. Pour cela, la boite de LoSonante semble idéale : elle permet d’écouter les sons non pas avec les oreilles mais via conduction osseuse ! Incroyable mais vrai, on pose ses coudes sur la machine, on choisit une histoire, on se bouche les oreilles et on entend récit comme s’il nous était comté à l’oreille. Peut être même mieux ! Loin d’être un seul objet d’amusement, la boite de LoSonante a un bel avenir devant elle ; installée au niveau de belvédères, elle offrira au public des explications sans bruit parasite. Avouez que ça vaut le retroussement de manche… [ndlr : à ce sujet, voir notamment la description du projet "Touched Echo" de Markus Kison par Joël Chevrier]

LoSonante

On prend à droite, on tourne à gauche, quelques pas chassés et c’est l’espae Bastille. On y trouve QroKee, une machine à décalquer révolutionnaire qui permet de calquer des dessins en un coup de stylo. Fini les feuilles transparente trop mobiles et les crayons qui cassent ! Décalquer devient un art de précision.

A noter que QroKee mène actuellement une campagne de crowdfunding. Pour les soutenir, c'est par ici :

De la finesse, il y en a aussi dans les totems noirs et blancs du collectif Black and White Zulus, exposés un peu plus loin. Munis de QRCode, ces totems intelligents plaisent particulièrement aux passionnés de street art, d’art graphique et de nouveaux mode d’expression urbaine. Le principe : à chaque totem son quartier, muni de son histoire et de témoignages de riverains.

Toujours dans l’esprit street, le collectif Abat-jour est venu exposer ses coccolithes, normalement disposés dans la rue. En changeant de couleur en fonction de la qualité de l’air, les coccolithes incarnent parfaitement l’esprit de cette MiniMakerFaire grenobloise : une création lumineuse, mêlant sciences, environnement et poésie [ndlr : lire aussi "#MakerFaireGre - Des makers aux idées rayonnantes"].

>> Merci à Renaud Levantidis pour son travail sur cet article.

>> Crédits photos : Quentin Chevrier / Makery (Flickr, licence cc), Imprimator, Quentin Chevrier / Makery, Black & White Zulus.