Metavers : entre business et « mensonges », bienvenue en Utopia !

Publié par Yannick Chatelain, le 24 février 2023   880

Par Yannick Chatelain, professeur Associé. Digital I IT. GEMinsights Content Manager, Grenoble École de Management (GEM)  et Jean Marc Huissoud, professeur et chercheur, Relations Internationales, Stratégies d’internationalisation, Grenoble École de Management (GEM)

Le terme « Metaverse » a été inventé par l’écrivain de science-fiction et d’uchronie* par l’américain Neal Stephenson. il a été le premier à le décrire en 1992 dans son roman : « Le Samouraï virtuel » (« Snow Crash »). (*réécriture de l’Histoire à partir de la modification du passé.)

Vers un post Internet ? Vers une dystopie concrétisée à moyen terme ?  

Si le terme est à la mode, il recouvre des technologies et des concepts différents selon ceux qui l’utilisent. Indifféremment, il désigne les univers de jeu et de simulations « immersifs », les plateformes virtuelles de collaboration, la réalité augmentée, ou encore, et c’est cas de la vision portée par Mark Zuckerberg, une utopie technique, sociale et économique bien plus vaste et profonde, que préciserons.  Rappelons la définition du terme « Utopia » : un lieu ou un état de choses imaginaire dans lequel tout est parfait.

Un concept « utopique » à 800 milliard de dollars très concrets. 

Lorsque « Facebook » est devenu « Méta », la firme cherchait un second souffle : elle vivait sur un capital utilisateur que la firme aurait eu bien du mal à renouveler face à la concurrence, Tik tok etc. Impossible de se réinventer. Par ailleurs, son image a été, depuis sa création, régulièrement ternie par moult scandale… Stratégiquement, en changeant le nom,  elle prenait sémantiquement le leadership du tournant « Metaversien », appuyé par une communication « faussement » dystopique, Meta vendant ni plus ni moins qu’un « après Internet ». Le tout dans un contexte de difficultés de trésorerie récurrentes, de recettes publicitaires en baisse, et pour tout dire la perte de l’image d’innovateur de rupture qui a fait la réputation de la firme. L’ambition de Zuckerberg est donc d’initier la norme future dans ce domaine, comme Facebook a été la norme initial des plate-formes de réseaux sociaux.

Séduit par cette glorification, conforté dans leur dynamique par une pandémie nécessitant des expériences clients augmentées sans possibilité de présentiel, les projets métavers embryonnaires* (*Nous y reviendrons) et  partiels (sans équipement) ou totalement immersifs se sont multipliés, s’appuyant, pour leur dimension marchande et pour les « immersifs » sur les Non-Fungible token, (NFT). Durant la période pandémique traversée ces Metavers embryonnaire sont sorti progressivement de l’univers usuellement réservé au « gaming » : les entreprises, les états, les collectivités, tous les acteurs économiques de la société pressentant, à juste titre, un nouvel Eldorado économique.....

Retrouvez l'intégralité de l'article  publié le 22 Février 2023 sur FORBES FRANCE

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