[PORTRAIT] Stenzel CACKOWSKI, à la croisée des neurosciences et de l'intelligence artificielle!

Publié par Sandy Aupetit, le 27 mars 2020   1.2k

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À l’occasion des Tribulations Savantes, festival de vulgarisation scientifique qui se tiendra le 14 avril 2020 dans le campus de l'Université Grenoble Alpes, de nombreux doctorants viendront présenter leurs travaux de recherche au public : scolaires, étudiants et tous les curieux. Coup de projecteur sur Stenzel Cackowski, doctorant dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’imagerie cérébrale, l’un des organisateurs de cette nouvelle édition.

Stenzel Cackowski, doctorant au GIN (Grenoble Institut des Neurosciences) : « On parle énormément de l’intelligence artificielle aujourd’hui, ça fait le buzz ! »

Jeune angevin de 23 ans et passionné par les mathématiques et l’informatique, Stenzel a obtenu son baccalauréat scientifique à Angers avant de rejoindre une classe préparatoire en spécialité mathématiques pendant deux années à Bordeaux. En 2016, il arrive à Grenoble et fait sa rentrée dans la prestigieuse école d’ingénieur ENSIMAG (École Nationale Supérieure d’Informatique et de Mathématiques Appliquées). Il en sort diplômé d’un Master en Septembre 2019, et décide de commencer sa thèse dans un laboratoire grenoblois : le GIN.  
Le sujet de sa thèse ? Utiliser des outils d’intelligence artificielle (IA) pour faire de la détection de troubles de l’intelligence chez l’enfant. Une thèse qui fait d’ailleurs partie du projet MIAI (Multidisciplinary Institute in Artificial Intelligence), lancé par le gouvernement afin de faire avancer les recherches en matière d’IA. Le jeune homme a découvert le domaine de l’IA à l’ENSIMAG, où il a rapidement pris goût.

 J’ai pu faire des stages avec l’école dans le domaine de l’intelligence artificielle, et cela m’a beaucoup plu. On parle énormément de l’intelligence artificielle aujourd’hui, ça fait le buzz ! L’avantage avec l’intelligence artificielle dans le domaine de la recherche, c’est qu’on peut tout faire ! Beaucoup d’entreprises se tournent vers cela aujourd’hui. 

Un sujet de thèse comportant de nombreux enjeux et difficultés : « J’utilise en grande majorité des données en provenance des États-Unis. »

Faire de la recherche, ce n’est jamais tout beau tout rose… Surtout lorsque les données proviennent d’un peu de partout. En effet, c’est essentiellement à partir d’images cérébrales de cerveaux d’enfants que Stenzel va être capable de détecter des anomalies propres à des pathologies liées à l’intelligence. Néanmoins, ce problème engendre d’autres problématiques ; Comment traiter des données qui proviennent d’un peu de partout ? Et surtout, d’enfants de différents âges ? « Par exemple, si je reçois les données d’un cerveau d’un enfant de 5 ans, puis des données d’un cerveau d’un enfant de 10 ans, ce sont tous les deux des enfants. Mais les cerveaux seront très différents, […] entre 5 ans et 10 ans il y a beaucoup plus de variabilités qu’entre 40 et 45 ans. », souligne le jeune doctorant. 
Cependant, ce ne sont pas les seuls enjeux. En effet, la difficulté majeure est de pouvoir récupérer des données. En France, les données médicales sont privées, et ne peuvent donc pas être facilement collectées : « J’utilise en grande majorité des données en provenance des États-Unis. Et l’idée serait de pouvoir collecter des données françaises, sauf que c’est un problème car cela demande énormément de temps à obtenir. »
D’ailleurs, après sa thèse, Stenzel souhaiterait continuer dans la recherche publique, et si possible dans un laboratoire à l’étranger : « Je resterais sans doute dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’imagerie médicale, car c’est un sujet qui me motive pas mal ! »

Doctorant et organisateur des Tribulations Savantes !

Cette année, Stenzel a décidé de participer à la 15ème édition des Tribulations Savantes. Il s’agit d’un festival de vulgarisation scientifique qui se déroule sur une journée, et qui est organisé par des doctorants afin de mettre en lumière leur travail. L’événement cible principalement le public scolaire (primaires et collèges), mais est ouvert plus largement aux étudiants et à tous les passants. De nombreux stands seront présentés sur le thème « Planète Vivante ». Petite exclusivité cette année : le planétarium, qui ne manquera pas de piquer la curiosité des petits, comme des plus grands ! Stenzel eu connaissance de ce projet grâce à un mail. 

 Je ne connaissais pas du tout, j’ai reçu un mail et c’est comme ça que j’ai découvert le projet. J’ai trouvé le sujet et l’idée fort bien sympathique ! De plus, ça change un peu les idées, car on est amené à faire des choses différentes que notre travail quotidien au labo. Puis, la recherche ce n’est pas uniquement travailler seul dans son coin ! 

Il est surtout motivé par l’idée d’expliquer et de déconstruire les préconçus qui peuvent émaner sur le domaine de la recherche : « Ça va être cool de passer ces moments avec des groupes enfants, on ne va pas s’ennuyer ! »

                           

Article rédigé par Anaëlle FORAT, Loïs CUILLA & Maxime PERES.



Cet article a été rédigé par les étudiants de licence suivant l'enseignement transversal "Sciences, journalisme et réseaux sociaux" proposé à l'Université Grenoble Alpes (UGA). Cet enseignement est encadré par Sandy Aupetit, chargée de médiation scientifique à l'UGA, et a été construit cette année en partenariat avec les Tribulations Savantes.