Initiative Citoyenne pour une Transition Energétique Rapide en Europe (Projet TERE)

Publié par Michel Belakhovsky, le 16 mai 2017   530

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Le Collectif "Europe" de l'Isère (1) travaille sur la Transition Énergétique et sur le Numérique, deux actions proposées par Jean-Claude Juncker. Si vous êtes intéressé(e) à rejoindre ce Collectif, merci de contacter l'un de ses membres.

Il est généralement reconnu que le Monde doit réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES) sous peine d'un dérèglement climatique très inquiétant pour le devenir de l'humanité. Mais il faut avoir conscience que la transition énergétique associée représente une transformation radicale et complexe des modes de production et d'exploitation des sources d’énergies. Elle est aujourd'hui difficile à appréhender concrètement au niveau de l’ensemble de la planète, tant au plan politique que technique et organisationnel.

En revanche, nous pensons et osons affirmer que l’Europe, si elle le veut politiquement, peut mettre en place un projet « TERE » (Transition Energétique Rapide pour l'Europe). Elle constitue en effet une entité assez homogène, déjà bien organisée au plan économique et de la coopération dans une démarche d’intégration avancée. C’est donc à cette échelle que l’on pourrait faire la démonstration qu'une transition énergétique majeure est possible techniquement et à un coût économiquement réaliste. L’Europe, actuellement forte importatrice dans le secteur de l'énergie, y a par ailleurs un intérêt particulier, car ce projet va nettement dans le sens d'une autonomie énergétique renforcée pour l'Europe et d'une compétitivité accrue au plan mondial.

Cependant, il est loisible de se poser la question : l’Europe a-t-elle la légitimité et la volonté opérationnelle pour le faire ?

Le Traité sur le fonctionnement de l’UE, dans son article 194 sur l’énergie, ne considère que le marché de l’énergie et son approvisionnement, l’efficacité énergétique et la promotion des interconnexions. Si cette dernière mesure va bien dans le sens d’une dynamique partenariale entre Etats Membres, il reste que la réponse à la question semble négative. L’UE ne serait-elle donc pas en train de renoncer à entreprendre sa transition énergétique ?

Comme l’a montré tout récemment Confrontations-Europe, une authentique Union de l’Energie reste à formaliser. Alors que l’UE devrait se fixer un objectif et un seul, la réduction des GES car c’est là l’urgence, ce texte pointe la dispersion entre plusieurs objectifs, et le repli nationaliste. En effet, l'Union Européenne s'est dotée en 2009 d'une ambition commune en 3 objectifs - toujours présents dans ses réactualisations successives, i.e. le « paquet énergie » de 2004 et suivants - au lieu de se concentrer sur un seul, la réduction de l’émission des GES. Les 2 autres objectifs - efficacité énergétique et développement des ENR - peuvent rationnellement relever, selon le principe de subsidiarité, de niveaux inférieurs. La proposition de la Commission en direction du Conseil et du Parlement Européen devrait donc être revue, d’autant que l’UE s’est déclarée, à la COP22 de Marrakech, vouloir être leader mondial de la Transition Energétique.

Nous affirmons donc la nécessité d’un véritable pilotage par l’UE, seul niveau pertinent pour mettre en œuvre une transition énergétique permettant de limiter à temps le réchauffement de notre planète. L’UE doit prendre la décision au plus tôt de former et de coordonner le travail d’un groupe ad hoc, constitué de scientifiques et universitaires, politiques et industriels, sans domination des « grands énergéticiens». Ce groupe aurait pour mission de créer et superviser une « task force » opérationnelle chargée de faire aboutir le projet TERE en moins de 30 ans, avec comme référence les nombreux grands projets de R&D que l’Europe a su mener avec succès.

Mais ce défi scientifique et technique comporte aussi une dimension sociétale nécessaire et urgente dans la mesure où il concerne l’avenir d’un ensemble de plus de 500 millions d’habitants, voire de l’humanité toute entière. Répondre à un tel défi, tout comme la construction européenne elle-même, doit parler à ces citoyens ainsi qu’à leurs représentants.

C’est le but de ce texte de les convaincre, les uns et les autres, de soutenir ensemble une telle initiative.

>> Pour plus de détails sur notre proposition TERE et son contexte, lisez le document ci-joint (téléchargeable dans la colonne de gauche).


Notes :

Photo de Une par fdecomite sur Flickr (licence cc)

  1. L'animateur du Collectif "Europe" en Isère est Richard Pétris (richard.petris@ecoledelapaix.org) et les partenaires du Collectif sont :
    1. Mouvement Européen Isère / Dominique Belmont (dominique.belmont@orange.fr)
    2. Université Populaire Européenne de Grenoble / Henri Oberdorff (henri.oberdorff@wanadoo.fr)
    3. Ecole de la Paix / Richard Pétris (richard.petris@ecoledelapaix.org)
    4. Jeunes Européens en Isère / Louise Faure (je.isere@gmail.com)
    5. Pacte Civique Isère / Michel Belakhovsky (mbelak@numericable.fr)
    6. RéCIT / Régos Moreira (regis.moreira@orange.fr)
    7. France-Hongrie Dauphiné / Georges Remenyi (remenyi.m-g@wanadoo.fr)
    8. Euroscience Grenoble / Michel Belakhowsky (mbelak@numericable.fr)
    9. Europe Direct / Laure Boni (laure.boni@grenoble.fr