Comme un paresseux dans l'eau

Publié par Guilhaume Boo, le 17 novembre 2023   500

           Si l'on vous demande de citer un mammifère aquatique, il y a peu de chance pour que ce soit le paresseux qui vous viennent à l'esprit. Pourtant vous auriez bien pu croiser des paresseux marins au large du Pérou à une certaine époque : voici le genre Thalassocnus.

Immersion avec Thalassocnus

         Le genre Thalassocnus regroupe cinq espèces au total. Il s’agissait d’espèce de paresseux géant.  Cependant, contrairement à nos paresseux actuels qui regroupent deux familles:  les paresseux à deux griffes et ceux à trois et  sont majoritairement arboricole, les membres du genre Thalassocnus étaient semi-aquatiques. C'est-à-dire qu’ils passaient la majeure partie de leur temps sous l’eau, plutôt que dans les arbres.

       Le genre Thalassocnus a vécu au cours du Cenozoïque, l’Ère précédant le Mésozoïque, au cours du début du Miocène jusqu'à la fin du Pliocène, soit de -23 à -2,5 millions d'année, et faisait donc parti de ce que l'on appelle la mégafaune : qui se caractérisaient par des espèces particulièrement grande à cette période, avant qu'elles ne disparaissent. La plus petite des cinq espèces, Thalassocnus littoralis dépassait les 2 mètres !

Comparaison des tailles de trois espèces de Thalassocnus

Crédit :Wikimedia/ Dunkleosteus77, vectorisé par Slate Weasel

        Thalassocnus était semi-aquatique : il passait une bonne partie de sa journée sous l’eau. Les adaptations physiques de Thalassocnus lui permettaient de marcher au fond de l’eau pour pouvoir se nourrir des algues qui y figuraient.

       Les premiers fossiles de Thalassocnus ont été retrouvés sur les côtes Sud du Pérou, mais de récentes découvertes étendent leur présence jusqu'au côte chilienne du Nord. A l’époque, la configuration des continents était sensiblement la même qu'aujourd'hui.

Un paresseux marin, vraiment ?

Le corps de Thalassocnus était tout à fait adapter pour évoluer en milieu aquatique.

         Le principale témoin pour les paléontologues est la structure interne des os de Thalassocnus. En effet ces derniers sont pleins, contrairement à nos os creux, ceux de Thalassocnus sont plus dense et plus lourd. Cette spécificité est caractéristiques d’espèces vivants en milieux aquatiques, et permettaient à nos paresseux de rester au fond de l’eau. En effet c’est la porosité de nos os qui les rendent moins dense et ainsi nous permettent de flotter, cette flottabilité aurait bien compliqué la tâche à nos paresseux géant pour se nourrir au fond de l'eau.

Squelette de Thalassocnus natans au Muséum Nationale d'Histoire Naturelle
 Crédit : Wikimedia/ Funkmonk

        La forme du crâne plus allongée, les narines retournées vers l'intérieur, montre également une adaptation au milieu marin, facilitant la respiration de Thalassocnus sous l'eau mais également l'accés aux algues du fond.

De la terre à la mer

        La caractéristique semi-aquatiques de Thalassocnus était certainement dû au climat qui régnait dans le secteur à cette époque. C’est la nature semi-aride à aride de la région qui a pu justifier ce comportement, Thalassocnus ne pouvant se nourrir sur la terre ferme, il est allé chercher sa nourriture directement dans l’eau. Ainsi, Thalassocnus s’illustre comme l’une des espèces de mammifères à être retournées en milieux aquatiques, à l’image des baleines, anciennement mammifères terrestres retournés dans les eaux.

Boo Guilhaume