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Le Master CCST

Flore sentinelle : Communication interne et mobilisation des acteurs

Publié par Virginie Strohmeyer, le 6 novembre 2021   1.5k

Une semaine au milieu de la flore alpine 

Pour l’édition 2021 du projet CROSCUS en partenariat avec le Conservatoire botanique national alpin (CBNA), autour de la thématique “Conservation de la flore, expertise et communication scientifique”, nous, étudiants en Master 2 de Communication et Culture Scientifiques et Techniques (CCST), sommes partis une semaine en immersion dans les Ecrins.

Au programme, visites et rencontres avec les acteurs du dispositif “Flore Sentinelle” . Ce dispositif, animé par le CBNA, a pour objectif d'identifier et de comprendre les dynamiques de développement des espèces végétales et leurs habitats dans les Alpes grâce à la mobilisation d’un réseau d’acteurs de la conservation. Depuis 2008, vingt-cinq structures dont le jardin du Lautaret, l’ONF, les Parcs Nationaux et les Parcs Naturels Régionaux ont mutualisé leurs connaissances et leurs compétences pour mettre en œuvre des actions concrètes de préservation de la flore. 

Durant cette semaine d’atelier terrain-montagne, outre la découverte de la Maison du Parc des Ecrins de Vallouise, un atelier théâtre et l'immersion dans un escape-game, nous avons rencontré plusieurs acteurs des différentes structures, dont Sophie Bissuel, chargée de communication, et Noémie Fort, cheffe de service conservation, toutes deux au CBNA. Elles nous ont présenté les objectifs, les enjeux et plus particulièrement les difficultés de communication et de sensibilisation autour de Flore Sentinelle

Immersion dans les coulisses de la communication de Flore Sentinelle 

Pendant cette rencontre avecFlore Sentinelle, l’équipe nous a fait part de leur stratégie de communication (site web, charte graphique, livrets, plaquettes, etc.) et également de leurs questions quant à la stratégie de communication interne. 

En effet, au cours des années, le réseau s’est développé, le nombre de partenaires, de projets, de membres a augmenté et la situation s’est donc complexifiée. 

Plusieurs problématiques se posent : Comment créer une identité Flore Sentinelle malgré le grand nombre de structures impliquées ? Comment communiquer avec ces structures si certaines personnes ne sont pas impliquées dans le projet ? Comment créer une cohésion d’équipe sur un projet multi-acteurs ?

Ainsi, notre équipe, fièrement appelée “Petits Saules” en référence aux micro-sylves de saules nains, a fait le choix de s’attaquer à ces problématiques de communication interne. Un vrai challenge pour nous qui avions l’habitude de travailler sur de la communication externe.

Afin de trouver une problématique et d’y répondre, nous sommes passées par plusieurs étapes.

Une construction pas à pas : du brainstorming...

Au cours de cette semaine, plusieurs choses sont venues nous aider à trouver une solution. Nous avons d’abord cherché à élaborer un persona, cette personne fictive qui serait à même d’exprimer les besoins d’un groupe-cible. 

En nous basant sur les connaissances apportées pendant notre semaine dans les Ecrins, les personnes rencontrées et les documents mis à notre disposition, nous avons pu construire le personnage de Sophie, chargée de communication au sein d’une structure comme le CBNA. L’idée est de savoir quels sont les objectifs du dispositif, la personnalité requise ainsi que les gains et freins au projet.

A partir de là, nous avons pu définir une problématique qui ressortait régulièrement lors de nos échanges avec les personnes impliquées dans le réseau “Flore Sentinelle” : comment optimiser la communication interne du réseau ? Autrement dit, comment faire pour que la communication soit la plus adéquate afin que chaque membre du réseau ait accès aux mêmes informations ? Et comment faire en sorte que les personnes qui ne travaillent pas dans le réseau aient également un aperçu des travaux menés dans “Flore Sentinelle” ?

Cette étape a été restituée sous forme de poster afin de nous aider à poser visuellement notre projet en construction. 

Crédit photo : Virginie Strohmeyer

Le travail alternait avec des phases de réflexion en groupe et des phases d’exercices et d’idéation collective. C’est ce qui nous a permis de faire ressortir des idées pour chaque problématique. Par exemple, un brainstorming s’est déroulé en 2 temps : 

  • individuellement, il a été demandé de noter une idée sur un post-it (à raison de trois ou quatre post-its maximum) sur ce qu’évoque la problématique ;
  • puis, avec toute la promo, nous avons partagé nos idées en essayant de regrouper les idées par “famille”.

Il était possible par la suite de revenir sur ces idées, d’en rajouter et de les reclasser. Lorsque nous nous sommes retrouvées dans notre groupe, nous avons été amenées à prendre une décision. A base de petites gommettes, nous avons choisi notre idée “coup de coeur” et notre idée “raison” : quelle idée nous attirait spontanément, sans raison et quelle idée nous paraissait la plus sensée au vu de notre problématique. C’est comme ça que nous avons décidé d’organiser un séminaire et d’y intégrer quelques idées “coups de coeur” (comme la création de goodies ou la mise en place d’un escape game).

Entre-temps, nous avions également besoin de reprendre contact avec Sophie Bissuel, chargée de communication au CBNA, et de Noémie Fort, cheffe de service conservation au CBNA, pour avoir plus de renseignements : le nombre de partenaires au sein du réseau, est-ce qu’il était pertinent d’inviter les financeurs, combien de personnes pourraient être invitées à un séminaire, etc.

… au prototypage d’un projet transmédia !

La dernière étape de cette semaine de réflexion intensive a consisté à l’élaboration du prototype du séminaire imaginé afin de pouvoir le présenter aux représentants de “Flore Sentinelle”. Comme expliqué précédemment, nous avons porté notre choix sur l’élaboration d’un séminaire visant à améliorer la cohésion et la communication entre les différents acteurs responsables du bon fonctionnement du dispositif “Flore Sentinelle”. 

Le prototype se constitue en plusieurs parties. 

Premièrement, nous avons réalisé les visuels de l’invitation et du programme qui seront envoyés aux participants avant le début du séminaire afin qu’ils puissent connaître la date, le lieu, le nom des intervenant ainsi que les activités proposées. Ainsi, ils pourront décider ou non d’y participer. Ces visuels sont épurés et contiennent uniquement les informations susceptibles de répondre aux différents questionnements que les participants pourraient se poser. Ils respectent la charte graphique de “Flore Sentinelle”. 

Dans un second temps, nous avons réalisé une vidéo “teaser” qui sera diffusée sur les réseaux sociaux et le site de “Flore Sentinelle” pour donner un aperçu concret des différentes activités et donner envie de participer au séminaire. 

Enfin, nous avons créé le synopsis ainsi qu’un moodboard de l’escape game qui sera proposé lors du troisième jour du séminaire. La thématique de cet escape game porte sur la sauvegarde de deux espèces de flore protégées en retrouvant un remède. 

Ces différents prototypes permettent de pouvoir imaginer le déroulement d’un séminaire et contiennent de nombreuses idées qui peuvent être mises en place par “Flore Sentinelle”. 

Cette expérience de réalisation de projet dans un temps limité nous a permis de créer un prototype qui peut constituer une base de travail pour Flore Sentinelle


Article rédigé par Nour Bach-Hamba, Charlotte Brancaz, Samia Rebaa et Virginie Strohmeyer, étudiantes en master 2 "Communication et Culture Scientifique  et Technique". 

Crédit photo de couverture : Virginie Strohmeyer