Morphopsyschologie, l'habit ne fait pas le moine - Echosciences chez RCF Isère

Publié par Echosciences Grenoble, le 11 juin 2020   550

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Depuis septembre 2019, RCF Isère offre du temps d'antenne à Echosciences Grenoble, tous les jeudis à 12h05, dans "l'Echo des médias" des "Midis RCF" présenté par Nicolas Boutry.  L'occasion de vous parler des derniers contenus intéressants partagés par les membres d'Echosciences. Retrouvez toutes les chroniques dans ce dossier !

Retrouvez la chronique du 11 juin 2020, par Emmanuel Laisné, en son et en texte ci-dessous :


Nicolas : Sur RCF Isère, c’est l’heure de retrouver l’Echo des médias. Aujourd’hui, Emmanuel Laisné, va nous présenter les dernières nouvelles d’Echosciences Grenoble. Bonjour Emmanuel ! 

Bonjour Nicolas

Alors Emmanuel, vous êtes chargé de projets à la Casemate et aujourd’hui vous aviez envie de revenir sur l’expression “L’habit ne fait pas le moine”

Oui Nicolas et cette envie elle me vient de la lecture d'un article écrit par Laurent Vercueil, neurologue au CHU Grenoble Alpes et membre de la communauté Atout Cerveau d’Echosciences dont il est l’un des contributeurs réguliers. L'article en question s’appelle “La théorie morphopsychologique inversée de Jacques PORA”.

Un titre à rallonge que vous allez nous aider à décrypter je suppose ?

Oui, enfin du moins vais-je essayer. La morphopsychologie qui ouvre l’article de Laurent Vercueil est à classer au registre des pseudo sciences c’est à dire des disciplines qui se donnent l’apparence des sciences mais n’en partagent ni la démarche, ni les consensus. Ainsi, la morphopsychologie avancerait que le comportement, la psychologie d’une personne pourrait se déduire de ses traits, de son physique. 
Cette théorie a eu son heure de gloire au XIXème siècle. Elle côtoyait alors un racisme assumé ou encore des préjugés selon lesquels la criminalité pouvait être affaire d’hérédité. Elle est aujourd’hui largement rejetée par la communauté scientifique qui s’accorde à dire que l’habit ne fait définitivement pas le moine.

Bien, mais ceci n’explique pas l’intégralité du titre. Qui est ce Jacques PORA mentionné par l’article et pourquoi parler de morphopsychologie inversée ?

Et bien, parce qu’en réalité, ce sur quoi s’attarde l’article c’est la possibilité que nos traits, notre apparence puissent non pas permettre aux autres de dire qui nous sommes mais modifier la perception que nous avons de nous même et aller jusqu’à véritablement influer sur qui nous sommes. Une morphopsychologie inversée donc.
Et Laurent Vercueil s'intéresse à cette hypothèse en revenant sur l’intrigue du film I feel good de Gustave De kervern et Benoît Delépine. Une comédie dans laquelle, un auto-entrepreneur rêvant de gloire, Jacques Pora, incarné par Jean Dujardin à l’écran tente de développer un service de chirurgie esthétique low-cost au sein d’une communauté Emmaüs afin de rendre je cite “Les petites gens beaux”. Petites gens qui, soi dit en passant, ne lui ont rien demandé.

Surprenant ?

Oui et on retrouve là non seulement toute la facétie des deux réalisateurs coutumiers du burlesque mais aussi celle des contributeurs d’Echosciences qui sous couvert de nous parler des domaines des sciences qui les passionnent élargissent leurs articles à d’autres de leurs centres d’intérêts. 

Et il faut croire qu’on s’y laisse prendre ?

Plutôt car sitôt l’article lu, je me suis plongé dans le visionnage du film I feel good dont la sortie m’avait totalement échappée en 2018. Et puisqu’il m’a plu je ne peux que me réjouir du fait que l’habit du neurologue cache aussi les atours d'un cinéphile.

Effectivement. Mais au final, la morphopsychologie inversée, est-ce que ça marche ?

Alors, c’est là la dernière facétie de l’article. Laurent Vercueil nous laisse sur des interrogations puisqu’aujourd’hui les études scientifiques ne permettent pas de trancher la question. Mais c’est dans l’ADN d’Echosciences de pouvoir aussi partager des connaissances en cours de construction. Et si par hasard vous étiez perdu face à l’absence de réponse, vous pourrez toujours vous réfugier dans la lecture d’un autre des articles écrit par le même auteur, cette fois-ci en s'intéressant à la Covid-19 : “Que faire quand on ne sait rien ?

Merci Emmanuel.  Vous retrouverez ces articles ainsi que la communauté Atout Cerveau et ses contributeurs sur le site Echosciences Grenoble. A bientôt !


>> Photo : Christopher Fausten (@christopher_rcf)