Editathon Femmes et Sciences 2023 : femmes de tête

Publié par Territoire de sciences, le 10 janvier 2024   580

Retour sur notre 7ème éditathon “femmes et sciences”, dédié cette fois-ci aux femmes des sciences cognitives. Un format original cette année avec 52 pages éditées et 21 portraits dessinés.

Si vous nous suivez depuis quelques temps déjà, vous devez sûrement connaître le format “éditathon”, ce marathon d’édition qui consiste à créer, améliorer ou traduire des pages de l’encyclopédie Wikipédia en quelques jours ou heures. Nous nous y adonnons chaque année depuis 2017 spécifiquement sur des pages de femmes de sciences (toutes les éditions précédentes sont racontées dans ce dossier).

Du 13 au 19 mars 2023, quelques jours après la Journée internationale des droits des femmes et dans le cadre de la Semaine du cerveau, Territoire de sciences, en partenariat avec Wikimédia France, les Wikipédien.ne.s grenoblois.es, le projet “les sans pagEs”, le Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition de Grenoble (CNRS/UGA/USMB), Parité Science et l’école Brassart, proposaient l’éditathon “Femmes de tête” sur le thème des femmes des sciences cognitives.

Un domaine et des contributions vastes

En amont de l’éditathon, un groupe d’étudiants et de doctorants, menés par Audrey Kist, alors doctorante au Grenoble Institut des Neurosciences (GIN) et au LPNC, ont réalisé une liste de chercheuses en sciences cognitives et, accompagnés par des Wikipédien.nes, en ont contrôlé l’admissibilité sur Wikipédia. Les “sciences cognitives” étant en lien avec de nombreuses disciplines (neurosciences, linguistique computationnelle, anthropologie cognitive, psychologie cognitive, philosophie de la cognition et intelligence artificielle), on imagine sans peine le travail que ce référencement a demandé, néanmoins indispensable à la réussite de l’événement.

(Illustration basée sur Miller, George A (2003) - Wikimedia commons)

A noter qu’Audrey Kist a également documenté son processus de travail et sa découverte de Wikipédia sur son blog “Cerveaux et Robots” et son site personnel avec plusieurs articles, notamment : “Pourquoi des femmes en sciences cognitives ?” ou “Quelle structure pour une biographie de femme scientifique ?”.

L’éditathon s’est ensuite tenu en ligne pendant toute la durée de la Semaine du cerveau, ainsi qu’à La Casemate le 16 mars, en présence de 55 personnes. Au total, 52 pages ont été éditées dont 35 biographies de femmes scientifiques créées, améliorées ou traduites et 17 pages liées aux sciences cognitives améliorées.

Les scientifiques mises en avant, françaises ou non, travaillent (ou travaillaient) dans de nombreuses disciplines. Elles sont (ou étaient) neurologue, psychologue, psychiatre, neurobiologiste, neuroéconomiste, linguiste, informaticienne, statisticienne, neurochirurgienne ou encore neuropathologiste. Au-delà de leur identité, ce sont leurs contributions à leurs disciplines respectives qui ont été valorisées, avec l’édition de diverses pages comme celles sur la dépression résistante, la psychologie de l'enfant ou l’apprentissage profond. Ce travail est en effet mis en avant par les représentants des sans pagEs comme crucial pour créer du lien entre des biographies nouvellement créées et le reste de l’encyclopédie. En clair, pour ne pas laisser de page “orpheline”.

Les pages éditées sont disponibles sur la page projet !

Une mosaïque de portraits

La particularité de cette édition résidait dans les 21 portraits de femmes des sciences cognitives réalisés en amont de l’événement par les étudiant.e.s en illustration et graphisme de l’école Brassart, dans l’esprit du projet “Les sans images”, déclinaison graphique du projet “les sans pagEs” grâce auquel des Wikipédien.ne.s dessinateurs offrent un visuel aux pages des femmes qui n’en disposent pas.

Pour réaliser cette série de portraits, Audrey Kist, décidément cheville ouvrière de l’événement, avait conçu une liste de femmes chercheuses, médecins, psychologues qui disposaient au moins d’une page sur la version anglophone de Wikipédia. En effet, il aurait été compliqué de demander aux étudiant.e.s de dessiner les portraits des femmes dont les pages étaient choisies en direct, lors de l’éditathon.

Une fois cette sélection effectuée, les enseignant.e.s de Brassart, en particulier l’artiste Morgane Schmitt Giordano ont accompagné les étudiant.e.s en leur donnant une direction artistique : l’emploi du vert et du violet, les couleurs du féminisme, des dessins en ligne claire, la création d’un symbole représentant la discipline scientifique de la chercheuse… Les portraits ont ensuite été réalisés en deux semaines (un temps record !).

Un podcast, une table ronde et… une exposition !

Forts de nos expériences précédentes, nous avons souhaité donner à l’édition 2023 du relief, d’abord avec la thématisation d’un épisode de notre podcast “Echos de sciences” sur le cerveau avec les interviews des chercheuses grenobloises en sciences cognitives Mathilde Fort, Adeline Lacroix, Hélène Loevenbruck, Homaira Nawabi et Marcela Perrone-Bertolotti.

La soirée de l’éditathon était également enrichie par une table ronde en présence des chercheuses Adeline Lacroix et Audrey Kist, animée par Agathe Julliard. Les deux chercheuses ont évoqué leur carrière, leurs inspirations et ont échangé autour de la thématique de l’autisme au féminin. Retrouvez la captation de cette table ronde dans la vidéo ci-dessous :

A la suite de l’éditathon, du 18 avril au 30 mai, l’ensemble des portraits réalisés par les étudiant.e.s de Brassart ainsi que des panneaux de deux autres expositions “femmes et sciences” ont été exposés dans la Galerie de La Casemate, au sein de l’exposition “50 Audacieuses. Portraits de scientifiques”. Nous revenons sur l’exposition dans cet autre article d’Echosciences. Une belle manière de prolonger l’éditathon et de valoriser le magnifique travail des étudiant.e.s.

Un guide pour aller plus loin…

Cette expérience vous donne envie d’organiser vous-même un éditathon ? Voici notre guide à destination des structures scientifiques et culturelles, coordonné par La Casemate et conçu par Amandine Kuhn et Sam Lefebvre, étudiant.e.s du Master de Communication et Culture scientifiques et techniques de l’Université Grenoble Alpes.

Cliquez sur l'image pour découvrir le guide :

Cap vers 2025… avec vous ?

Et pour la suite ? Nous pensons déjà à une nouvelle édition en 2025, avec d’ores et déjà le partenariat de l’école Brassart, que l’expérience a fortement enthousiasmée. Un partenariat avec un ou plusieurs laboratoires grenoblois et d'autres acteurs serait idéal, en particulier sur le thème de l'eau / hydroélectricité ainsi que les femmes scientifiques pour lesquelles nos participants pourraient créer ou éditer les pages Wikipédia. A l’instar de l’édition 2021, un partenariat avec des structures d’autres territoires pourrait également s’envisager, sur le thème que nous choisirons ou un autre. A suivre !


Crédit photos : LPNC / Guylaine OMNES-SABARDAK