L’artiste Hicham Berrada utilise la chimie pour créer un monde merveilleux - Echosciences sur RCF Isère

Publié par Echosciences Grenoble, le 16 novembre 2023   470

Depuis septembre 2019, RCF Isère offre du temps d'antenne à Echosciences Grenoble, tous les jeudis à 12h05, dans "l'Echo des médias" des "Midis RCF" présenté par Nicolas Boutry.  L'occasion de vous parler des derniers contenus intéressants partagés par les membres d'Echosciences. Retrouvez toutes les chroniques dans ce dossier ou sur le site de RCF-Isère !

La chronique du 16 novembre, par Jonathan Bazin, en son et en texte ci-dessous :

Sur RCF Isère, c’est l’heure de l'Écho des médias. Aujourd’hui, nous accueillons Jonathan Bazin, directeur du développement et de l’ingénierie culturelle de Territoire de sciences. Bonjour Jonathan !

Bonjour Nicolas !

Alors, aujourd’hui on va parler art et chimie ?

Oui, c’est l’article intitulé “l’artiste Hicham Berrada utilise la chimie pour créer un monde merveilleux” signé par Joël Chevrier sur Echosciences dont je souhaitais vous parler.

De quoi s’agit-il ? Hicham Berrada crée des paysages à partir de minéraux plongés dans une solution aqueuse. Mouvements liquides, formes étranges en croissance, couleurs qui se déploient, l’artiste crée une œuvre unique mais qui n’est finalement que le résultat d’une chimie que l’on pourrait qualifier de banale. Troublante impression !

Mais Jonathan, à quoi ça ressemble, que peut-on voir dans ces “tableaux” un peu particuliers?

Alors, parler de peinture à la radio est déjà une gageure en soi ! Mais alors, évoquer les œuvres d’art bien particulières d’Hicham Berrada est encore plus fou !

Mais prenons l'œuvre “Présage” présentée à la fondation Pinault : il s’agit d’un immense écran incurvé sur lequel sont projetées des images de réactions chimiques. Alors, oubliez vos expériences réalisés au collège dans un bécher où l’on parvenait à faire apparaître un précipité blanc qui vous faisait déjà pousser des oh et ah! de satisfaction.

Passez à une autre échelle: les œuvres d’Hicham Berrada fourmillent de couleurs issues de réactions chimiques complexes. Et cette chimie permet de créer des couleurs qui vont enrichir de manière exceptionnelle la palette de ce peintre bien particulier. Et au-delà des couleurs, ce sont des formes extraordinaires et qui laissent aussi la place au hasard !

Mais du coup, Jonathan, est-ce qu’on parle ici d’art ou est-ce que l’on doit parler de sciences?

Comme le dit Hicham Berrada, “C'est un peu de la peinture, c'est un peu de la chimie, mais pas vraiment de la peinture et pas vraiment de la chimie.”

Et l’idée importante du projet est de se trouver toujours face à une image en mouvement. On pourrait dire qu’il s’agit d’une peinture de paysage en mouvement avec des formes en devenir, des formes qui se font. Et c’est passionnant que d’assister à la création et à la métamorphose de cette image. Et finalement, on se retrouve face à une œuvre paysage.

Comme le dit Hicham Berrada : “C'est plus proche de l'expérience que l'on peut avoir d'un paysage quand on le regarde longtemps : les nuages bougent, la luminosité change... Si on regarde un paysage qu'on aime bien à différentes saisons, les feuilles ne seront pas les mêmes. Les ruisseaux peuvent se tarir, la faune, la flore peuvent changer mais ça reste le même paysage, ça reste le même lieu.”

Est-ce qu’il est possible de voir une œuvre de cet étonnant artiste en Isère?

Eh oui, dans le cadre de l’Opération campus, une nouvelle œuvre d’art intitulée “Vestiges", a été inaugurée il y a peu, au cœur de la forêt d'épicéas du campus de l’Université Grenoble Alpes.
Cette fois-ci, l’artiste a utilisé l’étain, le cuivre et l’aluminium, qui sont les matériaux les plus présents dans nos objets technologiques. Cette œuvre d’art intemporelle installée dans la forêt du campus, interroge ainsi l’avenir de notre monde.

Quel visage géologique aura le monde dans plusieurs millions d’années ? Quels panoramas naîtront des concentrations de métaux qui composent nos objets technologiques ? Les paysages fantastiques d’Hicham Berrada, installés dans un petit pavillon en béton les posent, telles des fenêtres s’ouvrant sur ce futur où l’humain n’existerait plus.

Merci Jonathan pour cette fenêtre ouverte sur cet artiste !

A bientôt Nicolas et au plaisir d’un prochain rendez-vous !

>> Photo : Christopher Fausten (@christopher_rcf)