"La saga des réserves" Épisode 1 : drôle de gueule !

Publié par Eulalie L'éléphante, le 10 juillet 2018   360

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Lors d’une nuit agitée par mes insomnies récurrentes, je me suis promenée dans le bâtiment administratif du Muséum de Grenoble. Suivez-moi dans les réserves de l’un des plus grands muséums en région.

3h du matin. 

Je ne dors toujours pas, et j’ai pourtant arrêté le café... Nulle trace de vie humaine à cette heure tardive, le bâtiment administratif a l’air désert. Pourtant, ce bâtiment moderne ne renferme pas que des bureaux, mais aussi les réserves du Muséum de Grenoble. Sur les trois millions de spécimens estimés, 2300 sont présentés dans le parcours permanent, le reste étant réparti dans cinq salles particulières du bâtiment administratif. Cependant, dans les réserves, les pièces ne dorment pas et circulent beaucoup. Elles sont exposées dans d’autres musées ou permettent de remplacer certains spécimens de l’exposition permanente.

N’arrivant pas à fermer l’œil, je quitte mon socle à l’entrée du Muséum. Je m’apprête à faire une grosse bêtise : la Directrice m’a interdit de mettre les pattes en réserve… Bravant l’interdiction, je décide tout de même de changer d’air. Et lorsque je dis changer d’air, prenez-le au pied de la lettre : les animaux naturalisés ont besoin de conditions de conservation bien particulières. C’est un air contrôlé qui est envoyé dans chaque réserve grâce à une centrale de traitement d’air : l’air y est filtré et la température et l’hygrométrie sont mesurées de manière quotidienne.

Je commence par une première réserve de vertébrés : celle des grands mammifères. J’y trouve pêle-mêle un ours à collier du Tibet, un crabe du Japon, des tigres, et même un crâne de baleine.

Je croise aussi un ours polaire bien joufflu. Croyant à une rage de dents, je lui demande ce qui lui arrive. Il m’explique qu’à l’époque de sa naturalisation, son taxidermiste utilisait de la paille pour donner forme à sa peau. Il en a cependant un peu abusé… D’où cet aspect enflé. 

Aujourd’hui, ce sont plutôt des mannequins qui sont fabriqués spécialement pour les naturalisations 


Ours polaire dans les réserves du Muséum de la ville de Grenoble, CC-BY-NC-ND


Ni rides ni boursouflures : quelle chance j’ai d’être statufiée…

A gauche, un ours polaire (ursus maritimus) naturalisé au XXème siècle. À droite, un autre naturalisé à la paille au XIXème. CC-BY-NC-ND Muséum de la ville de Grenoble.

La suite dans le prochain épisode.

Eléphantesquement vôtre,

Eulalie.