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Penser le changement climatique, un regard d’historien - Echosciences chez RCF Isère

Publié par Echosciences Grenoble, le 21 novembre 2019   390

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Depuis la rentrée 2019, RCF Isère offre du temps d'antenne à Echosciences Grenoble, tous les jeudis à 12h05, dans "l'Echo des médias" des "Midis RCF" présenté par Nicolas Boutry.  L'occasion de vous parler des derniers contenus intéressants partagés par les membres d'Echosciences. Retrouvez toutes les chroniques dans ce dossier !

Retrouvez la chronique du 21 novembre, par Marion Sabourdy, en son et en texte ci-dessous :


Sur RCF Isère, c’est l’heure de retrouver l’Echo des médias. Aujourd’hui, Marion Sabourdy nous présente les dernières nouvelles d’Echosciences Grenoble. Bonjour Marion.

Bonjour Nicolas !

Alors Marion, pour cette chronique, vous allez nous faire faire un petit tour du côté de l’histoire…

Oui, Nicolas. L’article que je vais vous présenter aujourd’hui parle de la manière dont les humains se sont intéressés à la question du climat depuis le 17ème siècle. Il s’intitule “Penser le changement climatique. Un regard d’historien”. C’est René Favier qui nous raconte cela, il est Professeur émérite d’histoire moderne au Laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes de l’Université Grenoble Alpes.

Les humains s’intéressent donc au climat depuis le 17ème siècle ?

A vrai dire, depuis bien plus longtemps que cela Nicolas. Depuis la préhistoire, ils ont remarqué des phénomènes exceptionnels, “inconnus de mémoire d’homme” comme des pluies torrentielles, des grands froids ou des tempêtes qui rompaient la succession ordinaire des saisons. Mais ils faisaient souvent intervenir une explication métaphysique, par exemple une punition divine. Et c’est à partir du 17e que les scientifiques ont tenté de donner des explications plus rationnelles.

Et comment ont-ils fait ?

Au tournant des 17e et 18e siècles, en plein Petit  ge glaciaire, il s’agissait surtout de comprendre les règles de la nature, avant même de constater ou non un changement de ces règles. Des réseaux d’observateurs se créent en Europe pour étudier ce qu’ils appelaient les “climats” de différentes régions et pays et trouver des explications scientifiques à ces différences.

A quel moment la question du réchauffement climatique est-elle apparue ?

Alors avant d’arriver à la notion moderne de réchauffement climatique, il a fallu déjà s’interroger sur la possible action de l’homme sur le climat. Ce n’était pas si évident dans les esprits ! Et on retrouve cette interrogation chez Montesquieu puis Buffon au début du 18e. Celui-ci s’inquiète que l’assèchement des marais ou les défrichements de la Guyane puissent avoir pour conséquence un échauffement de la température.

Est-ce qu’on peut parler de climatologie ?

L’auteur nous indique que les prémisses de la climatologie historique sont plutôt arrivés au dernier tiers du 18e avec les tentatives de reconstitution du climat passé, sur la base d’indicateurs - ou de “proxies” comme on les nomme maintenant - comme l’état des fleuves, la végétation et en particulier les glaciers.

La glaciologie, c’est un domaine qu’on connaît bien ici, à Grenoble, avec par exemple les recherches menées à l’Institut de géosciences de l’environnement...

Oui, d’ailleurs l’article propose une magnifique gravure du glacier et de l’aiguille d’Argentière au début du 19e, qui fait écho à nos photos modernes, où celui-ci a énormément reculé… Mais c’est aussi le milieu forestier - et surtout la déforestation - qui a permis une prise de conscience à commencer chez les ingénieurs des Eaux et Forêts. Ils exprimaient leur crainte que les déboisements, notamment dans nos régions de montagne, n’affectent de manière négative le climat !

A l’époque, on ne parlait pas encore de CO2...

Non, en effet, il faut attendre le 19e siècle, pour placer le problème des températures de la Terre dans un contexte cosmologique puis anthropique. Ce sera fait avec Joseph Fourier qui invente la notion d’effet de serre puis Svante Arrhenius au tout début du 20e qui lie la question du réchauffement à celle de l’utilisation des combustibles fossiles. Je passe rapidement sur la suite, Nicolas, car nos auditeurs la connaissent peut-être plus. En tout cas pour ma part, j’ai été assez étonnée de voir que les médias ne se sont emparés de la question du réchauffement qu’à partir du milieu des années 1980. L’auteur le raconte bien dans la fin de son article, tout comme les enjeux politiques…

Merci Marion pour cette lecture ! Et si on veut en savoir plus sur les études modernes autour du réchauffement climatique ?

Pour compléter cette lecture, je vous invite à découvrir un autre article sur Echosciences, intitulé “Le tic-tac de l’horloge climatique” et écrit par le professeur d’économie Christian de Perthuis. C’est un bon complément à celui de René Favier !

D’ailleurs, les deux articles dont je vous ai parlé aujourd’hui ont été publiés à l’origine dans “L’Encyclopédie de l’environnement” et “L’Encyclopédie de l’énergie”, deux sites internet en libre accès conçu par des scientifiques locaux et soutenus par l’Université Grenoble Alpes et UGA édition. Leurs auteurs republient certaines de leurs productions sur Echosciences mais si vous voulez revenir à la source - c’est souvent une bonne idée en sciences - vous pouvez les consulter directement aux adresses suivantes : encyclopedie-environnement.org et encyclopedie-energie.org

>> Photo : Christopher Fausten (@christopher_rcf)